Mission réussie : début août 2020, les astronautes de la NASA Bob Behnken et Doug Hurley ont amerri avec la capsule Crew Dragon dans le golfe du Mexique. Développée par SpaceX, sous-traitant de la NASA, cette capsule a transporté l'équipage vers et depuis la Station spatiale internationale (ISS). La première mission spatiale commerciale marque un tournant, relançant les voyages spatiaux après des décennies de ralentissement post-Alunissage.
Avec l'ouverture de l'espace aux entreprises privées, de nouvelles opportunités émergent : maintenance de l'ISS et des satellites, exploitation de ressources célestes, recherche scientifique ou tourisme spatial. Ce dernier, souvent médiatisé, ne décollera qu'une fois les bases industrielles solides établies.
L'industrie privée excelle déjà en aérospatiale, de la construction de fusées à la fourniture de technologies. Elon Musk et SpaceX en sont les pionniers. Starlink, constellation de 12 000 satellites pour un internet mondial ultra-rapide, en est un exemple : ses lancements groupés offrent des spectacles célestes, comme ce train de 60 satellites visible fin avril au crépuscule.
Depuis le lancement du premier Spoutnik en 1957, les débris s'accumulent dans l'espace
Si l'objectif de Starlink est louable, il suscite des critiques. Les astronomes déplorent la pollution lumineuse entravant leurs observations, et le volume de satellites alimente les craintes de "déchets supplémentaires" selon certains médias.
Cette pollution n'est pas nouvelle : depuis Spoutnik-1 en 1957, l'espace regorge de débris. Les grands objets (étages de fusées, satellites obsolètes, boucliers) côtoient des millions de fragments minuscules (1 mm à 10 cm). On estime 130 millions d'objets en orbite, dont 26 000 trackés par les agences spatiales.
Les experts alertent sur un état critique menaçant télécoms, observation terrestre et sécurité orbitale. Comme pour le climat, un "point de non-retour" est évoqué. Les solutions ? Satellites-chasseurs pour débris vers une orbite haute isolée ou rentrée atmosphérique pour incinération.
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Photo : NASA