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Les graves lacunes des interfaces de tableaux de bord automobiles

La technologie embarquée séduit les acheteurs, poussant les constructeurs automobiles à adopter massivement écrans tactiles et applications. Hélas, la conception de ces interfaces utilisateur reste souvent désastreuse.

Récemment, lors de l'essai de nouveaux modèles en concession, j'ai été impressionné par les aides à la conduite autonomes : maintien dans la voie, freinage d'urgence ou stationnement automatique en sont des exemples flagrants de l'intelligence intégrée aux véhicules modernes.

Pour régler l'horloge, il faut passer par dix-neuf étapes

Cependant, les tableaux de bord m'ont consterné. Une bonne interface doit être intuitive, accessible en un clin d'œil, prioriser les fonctions essentielles et offrir un retour clair sur les actions. Malheureusement, les constructeurs peinent à y parvenir. J'ai interrogé mes abonnés Twitter pour identifier les pires exemples, et les réponses ont été abondantes.

Pour le Cadillac XT5 2017, aucun bouton physique pour le volume : il faut toucher l'écran, distrayant le regard de la route. Idem sur la Honda Accord 2017, où éteindre la radio au démarrage nécessite l'écran tactile. "En pleine pluie, chercher un bouton sur l'écran est le dernier de mes soucis", témoigne un utilisateur.

Sur le Subaru Crosstrek 2013, la caméra de recul s'active en marche arrière, mais un message Bluetooth envahit l'écran entier. La Nissan Leaf 2017 réserve la flèche droite du volant... au volume. Inattendu !

La Subaru Outback 2018 exige dix-neuf étapes pour régler l'heure, réparties sur l'écran central, des boutons plastiques et ceux du volant.

Pour désactiver la navigation du Volvo XC60 2013, un message impose "Continuer" ou "Annuler". "Après cinq ans, cela m'agace toujours", note un propriétaire. Sur la Volkswagen Golf SE 2016, l'alerte angle mort persiste même clignotant allumé, en jaune identique.

Au-delà de la frustration, ces interfaces défaillantes sont dangereuses : chaque seconde d'inattention multiplie les risques. Pourquoi les constructeurs (Detroit, Japon, Corée, Europe) ne recrutent-ils pas d'experts en UX mobile ? Des talents abondent, même mon fils de 13 ans identifie les failles.

Espoir à l'horizon : Jim Hackett, PDG de Ford et admirateur d'IDEO (créateurs de la souris Apple, Palm V ou Swiffer), a lancé Greenfield Labs. Designers, psychologues, anthropologues et data scientists y conçoivent des interfaces centrées sur l'humain avec IDEO.

Enfin du bon sens ! Leur travail portera-t-il ses fruits rapidement ? Car aujourd'hui, les tableaux de bord restent un fiasco. Nous méritons mieux.


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