Le jardinage peut sembler intimidant, mais chacun peut cultiver une véranda florissante, quelle que soit sa taille. Nous vous aidons à progresser : posez vos questions sur les plantes à ask@popsci.com en indiquant "Plantes" en objet.
Les scènes gothiques emblématiques de la littérature anglaise, comme celles des sœurs Brontë dans Les Hauts de Hurlevent ou Jane Eyre, se déroulent souvent sur les landes couvertes de mousse de sphaigne, ou tourbe. Si Jane Eyre ou Heathcliff cultivaient des semis sur leurs rebords de fenêtre, cette même tourbe aurait amorti leurs pots.
La tourbe est acide (idéale pour certaines plantes), possède des propriétés antimicrobiennes et retient l'eau mieux que la plupart des matériaux, morte ou vivante. Environ 30 % de la tourbe extraite sert à l'horticulture. Cependant, le drainage des tourbières libère 1,9 gigatonne de CO₂ par an, soit 5 % des émissions anthropiques de gaz à effet de serre. Heureusement, des alternatives efficaces existent pour votre jardin.
Les tourbières surpassent même la forêt amazonienne en stockage de carbone grâce à leur élasticité épongeuse. Brian Jackson, professeur et directeur du Horticultural Substrates Laboratory à la North Carolina State University, raconte son expérience dans une tourbière canadienne : « À 60 mètres d’un tracteur, le sol vibrait encore sous mes pieds cinq secondes après son passage. »
Ces propriétés – décomposition lente – stockent le carbone pendant des millénaires. Représentant 3 % des terres émergées, les tourbières abritent 25 % du carbone terrestre, essentiel contre le changement climatique.
La fibre de coco (coir), issue de l'enveloppe de noix de coco, est idéale pour semis et mélanges de substrats. « Elle s'humidifie bien et retient l'eau », explique Jackson. Inconvénient : son traitement consomme beaucoup d'eau pour éliminer le sel océanique, et elle n'est pas locale aux États-Unis.
Tout substrat a un impact environnemental ; l'enjeu est de le minimiser. Les choix individuels comptent, surtout face aux professionnels cultivant de vastes surfaces, note Jackson.
Pour acidifier le sol et fixer les nutriments (via la capacité d'échange cationique, CEC), ajoutez de l'écorce de pin vieillie, sous-produit forestier courant dans le sud-est des États-Unis. « Le CEC est élevé dans la tourbe, mais aussi dans l'écorce vieillie et le compost », précise Jackson.
Ses composés (polyphénols, glucides) sont complexes à remplacer, comme noté dans Molecules (2015), avec même des effets anticancéreux in vitro. « Pas de substitut direct », admet Jackson. (Ne consommez pas de tourbe !)
Les avancées sur les microbiomes du sol promettent des probiotiques végétaux. En attendant, optez pour du compost local, riche en vie microbienne. C'est la meilleure façon de réduire votre impact, tout en évitant les vibrations hantées des landes de Heathcliff.