FRFAM.COM >> Science >> Santé

Kyste ovarien : faut-il s'inquiéter ? Témoignage et avis d'experts

Lorsque son médecin lui a annoncé qu'elle avait un kyste ovarien, l'écrivaine Rosemary Counter a craint le pire. Voici son histoire, enrichie des explications de spécialistes.

Mes pieds reposaient dans les étriers, mes parties intimes exposées. La technicienne en ultrasons terminait son examen après un test Pap de routine révélant un utérus hypertrophié. Je la vis mesurer une tache sombre.

Je lui demandai, les larmes aux yeux : « Qu'est-ce que c'est ? » Elle pointa une affiche indiquant que les techniciens ne répondaient pas aux questions. Voyant mes larmes couler, elle appela le médecin. « Ne vous inquiétez pas, c'est seulement un kyste », me dit cette dernière.

Aujourd'hui, je sais que les kystes ovariens sont fréquents et généralement bénins. Chez les femmes, un kyste est une cavité remplie de liquide qui peut se former n'importe où dans le corps, comme un simple bouton. Contrairement à un bouton visible, un kyste ovarien passe souvent inaperçu.

À chaque ovulation, un kyste se forme naturellement. Rappel de biologie : l'ovule est enveloppé dans un follicule qui doit se rompre pour le libérer. Si le signal hormonal échoue, le follicule ne s'ouvre pas ou se referme en emprisonnant du liquide, formant un kyste fonctionnel. « Ce processus est normal et bénin », explique la Dre Jessica Shepherd, obstétricienne-gynécologue à Louisville, Kentucky. Comme les fibromes utérins, ces kystes sont souvent indolores, invisibles et se résolvent seuls en quelques jours.

Mais si un kyste persiste ou éclate ? À 14 ans, ma cousine Michelle s'est réveillée en pleine nuit d'une douleur intense. Aux urgences, on diagnostiqua plusieurs kystes ovariens, dont un rompu. La douleur ressemble à celle d'une colique néphrétique. « Aucune cause claire n'explique la rupture », note la Dre Shepherd. On lui prescrivit la pilule contraceptive pour supprimer l'ovulation et prévenir de nouveaux kystes. Des facteurs génétiques ou immunitaires peuvent jouer, mais les anti-inflammatoires et les compresses chaudes soulagent les douleurs cycliques.

Autres types de kystes ovariens

Ces cas concernent les kystes fonctionnels. Le mien n'en était pas un. « Les autres kystes ne sont pas liés au cycle menstruel », précise la Dre Shepherd. Il existe une demi-douzaine de types, dont le cystadénome (kyste liquidien externe à l'ovaire), l'endométriome (« kyste chocolat » rempli de sang foncé) ou le kyste dermoïde (contenant tissus embryonnaires comme peau, cheveux ou dents).

Kystes ovariens et cancer

95 % des kystes sont bénins. À 26 ans, sans antécédents familiaux de cancer ovarien, mon risque était faible, mais présent. Les options : surveillance ou chirurgie. « Nous surveillons les kystes ; s'ils dépassent 4-5 cm, grossissent ou posent problème, nous opérons », explique le Dre Sony Singh, directeur de la gynécologie à effraction minimale de l'Hôpital d'Ottawa. Mon kyste, de 9 cm sur l'ovaire gauche (taille d'une balle de softball), justifiait l'intervention.

Plus de 21 000 kystectomies sont réalisées annuellement au Canada. La laparoscopie, préférée par le Dre Singh, utilise une petite incision et une caméra. J'ai subi cette procédure sous anesthésie générale : l'abdomen gonflé au CO₂, incision minutieuse pour détacher le kyste. L'opération a duré une heure, la biopsie confirma son caractère bénin. J'étais debout en quelques jours, malgré des douleurs gazeuses.

Près d'un an plus tard, ma cicatrice s'estompe, mes ovaires fonctionnent normalement. Désormais, je demande un ultrasons avec chaque test Pap. Un nouveau kyste ? Je sais désormais m'en inquiéter sans panique.

[]