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Pourquoi choisir l'heure d'hiver ? Les experts alertent sur les risques de l'heure d'été permanente

Selon les experts, adopter une heure d'été permanente serait imprudent. Cela entraînerait plus de fatigue, de troubles du sommeil et des sautes d'humeur, particulièrement en hiver.

L'Europe envisage de supprimer le changement d'heure bisannuel entre heure d'été et heure d'hiver. Une majorité des participants à une consultation publique y est favorable. Mais quelle heure adopter alors : permanente d'été ou d'hiver ? La Commission européenne laisse le choix aux États membres. En Belgique, le Premier ministre Charles Michel propose un référendum. Que dit la science ?

Sur 4,6 millions de participants à l'enquête européenne, la majorité préfère l'heure d'été permanente, y compris les Belges. Aux Pays-Bas, une légère majorité opte pour l'heure d'hiver. « L'heure d'hiver est plus proche de notre rythme biologique naturel », explique Johan Verbraecken, directeur du Centre du sommeil de l'Université d'Anvers. « Choisir l'heure d'été permanente serait très imprudent pour des pays comme la Belgique et les Pays-Bas », ajoute Marijke Gordijn, experte en chronobiologie à l'Université de Groningue. « Ceux qui apprécient la lumière supplémentaire en soirée sous-estiment les conséquences en hiver. »

Des horloges biologiques perturbées

Les deux spécialistes mettent en avant l'impact sur notre horloge interne. Avec une heure d'été permanente, le soleil ne se lèverait qu'à 9h45 en plein hiver. « C'est trop tard et cela décale nos horloges biologiques », précise Gordijn.

« La plupart des gens ont une horloge biologique d'une période légèrement supérieure à 24 heures, expliquant une tendance à se coucher et se lever plus tard. Les levers et couchers de soleil la synchronisent naturellement. Les matins très sombres d'hiver sous heure d'été permanente perturbent ce mécanisme, surtout pour les non-matinaux. Cela réduit la durée et la qualité du sommeil, augmente la fatigue et le risque de troubles de l'humeur. Environ 4 % de la population souffre déjà de dépression saisonnière hivernale », détaille l'experte.

Verbraecken insiste : « Chaque organe possède une horloge interne reliée à celle du cerveau. Ces perturbations affectent d'autres processus corporels. Les études montrent plus d'infarctus après le passage à l'heure d'été. Le moment de prise de certains médicaments influence aussi leur efficacité. Nous ignorons encore les effets à long terme d'un tel déséquilibre, mais il faut respecter notre rythme naturel autant que possible. »

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