Les enfants de parents sans lien de parenté sont en moyenne plus grands, plus intelligents et mieux éduqués.

Les enfants de parents sans lien de parenté affichent en moyenne une plus grande taille, un QI supérieur et un meilleur niveau d'éducation.
La consanguinité est néfaste, comme le savent les éleveurs d'animaux et les cultivateurs de plantes. L'accouplement entre parents proches peut amplifier un trait désiré, comme une viande plus abondante ou une fleur aux couleurs uniques. Cependant, une consanguinité prolongée entraîne des anomalies et une santé fragile. Depuis les travaux de Gregor Mendel, fondateur de la génétique moderne, nous savons que cela s'explique par le partage de nombreux gènes entre parents proches.
Chaque individu possède deux copies de chaque gène, une de chaque parent. Un gène défectueux est souvent compensé par une version saine. Mais chez les parents proches, la probabilité de transmettre deux gènes défectueux à la progéniture augmente, entraînant des troubles. La consanguinité reste un concept relatif : tous les humains partagent des liens génétiques, plus ou moins forts. Quel impact sur la santé ?
Cela est parfois flagrant, comme chez les dynasties royales européennes, où les mariages consanguins ont produit des constitutions fragiles et des troubles mentaux. Des phénomènes similaires touchent les populations isolées, sur des îles ou dans des groupes fermés. Même sans arbres généalogiques entrelacés évidents, des parents porteurs du même gène récessif peuvent donner naissance à un enfant atteint d'une maladie mendélienne, comme la mucoviscidose ou l'hémochromatose.
Le degré de parenté influence-t-il la santé des individus apparemment sains ? Une analyse fine des génomes est nécessaire. Les progrès récents permettent d'avancer. Dans Nature, le consortium ROHgen publie ses résultats : il a mesuré les "séquences d'homozygotie" (ROH), zones où les deux parents ont transmis le même segment d'ADN.
Les chercheurs ont corrélé la longueur totale de ces ROH avec 16 traits de santé. Des liens significatifs émergent dans quatre cas. Les individus avec moins de ROH sont légèrement plus grands et ont une capacité pulmonaire supérieure. L'effet reste modeste : enfants de cousins perdent environ 1,2 cm de taille et 137 ml de capacité pulmonaire.
Des corrélations existent aussi avec le niveau d'éducation et les tests d'intelligence : moins de ROH est bénéfique. Effet faible : enfants de cousins suivent en moyenne un an de scolarité de moins.
Aucun lien avec les maladies cardiovasculaires, contredisant des études antérieures. Pour écarter les biais, les analyses ont été répétées sur divers groupes ethniques (Européens, Finlandais, Africains, Hispaniques, Asiatiques). Les résultats persistent, indépendamment du statut socio-économique.
Ces observations éclairent l'évolution humaine : une sélection naturelle favorise la taille, la capacité pulmonaire et l'intelligence. Pas de panique : les ROH sont rares et les effets minimes. Elles discréditent les idées de "pureté raciale", malsaines. Les Africains, génétiquement plus diversifiés, ont moins de ROH que les Européens. L'immigration enrichit la diversité génétique et la santé.
Plus d'articles sur la génétique.