En modifiant génétiquement certaines bactéries, des scientifiques contrôlent leur couleur, ouvrant la voie à une peinture biodégradable innovante.

Les flavobactéries forment des colonies aux teintes changeantes. Leurs structures internes réfléchissent la lumière : lorsque l'espacement entre les bactéries varie, la longueur d'onde réfléchie change, générant une palette de couleurs variées.
Des chercheurs de la société biotechnologique néerlandaise Hoekmine BV et de l'Université de Cambridge ont identifié les gènes responsables de la motilité bactérienne, clé de la structure des colonies et donc de leur couleur. En les ajustant, ils obtiennent la teinte désirée, ou atténuent voire éliminent les couleurs. Des applications concrètes émergent : une peinture vivante qui évolue après application.
Ces bactéries se reproduisent facilement, permettant à la peinture biodégradable de "pousser" sur un mur. Les experts envisagent aussi des biocapteurs : programmées pour changer de couleur face à des substances toxiques, elles alertent en cas de danger, comme un mur virant au rouge dans une usine chimique.