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Scanner à neutrons : détection non invasive de la corrosion saline dans le béton armé

Dans les zones côtières, le béton armé des ponts, tunnels et infrastructures est vulnérable à l'érosion causée par la pénétration du sel. Un scanner à neutrons compact permet de détecter ces dommages à distance, sans intervention invasive.

Les images dramatiques de l'effondrement du pont Morandi à Gênes en 2018 restent gravées dans les mémoires. Ce drame illustre les conséquences d'un entretien insuffisant, où la corrosion du béton a été détectée bien trop tard.

La dégradation du béton, souvent appelée "pourriture", résulte de multiples facteurs. Parmi eux, la pénétration de sel – issu de l'air marin ou des sels de déneigement – atteint l'armature en acier, provoquant sa rouille et son gonflement, qui fissurent le béton.

Actuellement, l'inspection de l'armature nécessite des prélèvements d'échantillons par perçage de petits trous, suivis d'analyses en laboratoire. Une procédure invasive, longue et coûteuse.

Des chercheurs japonais, confrontés à une infrastructure côtière dense et étroitement surveillée, ont développé une méthode non destructive. Utilisant un faisceau de neutrons généré par un accélérateur compact, ils détectent les atomes de chlore à travers la structure. Ce scanner révèle la corrosion saline dans les câbles gainés de béton jusqu'à 18 cm d'épaisseur.

Bien que déjà compact, l'équipement sera optimisé pour une mobilité accrue, facilitant son déploiement sur ponts et dans tunnels.


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