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Les dangers des algorithmes : désinformation et clickbait en ligne

Quand la blogueuse Hannelore a recherché des informations sur les fonds marins, les algorithmes l'ont dirigée vers des vidéos prétendant montrer de "vraies" sirènes. La désinformation est souvent plus grave qu'il n'y paraît. Que faire face à cela ?

Dans mon précédent billet, j'ai exploré les mystères des abysses océaniques. Lors de mes recherches initiales, j'ai rencontré des anomalies. Cette fois, ce n'étaient pas les créatures marines qui surprenaient, mais les suggestions de Google. J'espérais des explications sur la biologie et la physique sous-marines ; l'algorithme m'a orienté vers un classement des animaux les plus étranges. Peu importait la précision de ma requête ou la qualité de mes mots-clés : Google insistait pour ce top 40 sensationnaliste.

Curieux de voir où cela menait, j'ai cliqué sur une vidéo. Le contenu en lui-même m'indifférait ; c'est la liste des recommandations suivantes qui a retenu mon attention. Des titres évoquant sirènes et extraterrestres y figuraient désormais.

Combien de jeunes Hannelore se laissent-ils tromper en ligne, croyant aux sirènes réelles ?

Je ne crois plus à ces fadaises depuis longtemps, mais enfant, j'aurais pu y adhérer. Combien de jeunes explorent-ils Internet aujourd'hui pour découvrir les fonds marins, pour finir convaincus de l'existence de sirènes ?

Les cookies aggravent aussi les choses. Après un sujet scolaire approfondi, on me bombarde de pubs pour des jeunes entrepreneurs abandonnant l'école pour vendre sur bol.com depuis leur villa. Fatigant pour moi, potentiellement dangereux pour d'autres. Même sans inscription à leurs cours "gratuits" (souvent piégés), l'idée peut germer et mener à l'abandon scolaire, avec des conséquences à long terme.

Fermes à clics

Ces exemples évoquent un documentaire Netflix vu à l'école, alertant sur les algorithmes des réseaux sociaux. Exagéré parfois, il souligne un fait : ces systèmes priorisent le temps passé en ligne pour maximiser les revenus publicitaires.

La promotion du contenu le plus vu est problématique, amplifiée par les fermes à clics. Une vidéo de 20 recettes au fer à repasser peut être boostée artificiellement et dominer les pages d'exploration Instagram. Irritant, cela diffuse massivement de la désinformation, comme les recettes irréalistes de Five Minute Crafts ou Tasty, démasquées par Anne d'How To Cook That sur YouTube.

Monétiser via du contenu gratuit est compréhensible, mais créer des dépendances via du clickbait n'est pas éthique, surtout avec des algorithmes défaillants.

L'algorithme de YouTube intègre votre comportement et celui des autres, améliorant la précision mais favorisant la radicalisation. Un doute sur le vaccin COVID-19 vous mène vite aux milieux anti-vax, car les sceptiques du corona doutent souvent plus largement de la science médicale.

Utopie

Les algorithmes ne distinguent pas contenu nuisible et inoffensif : un clic suffit. Ils peuvent initier à la drogue, orienter un prédateur vers des vlogs familiaux ou radicaliser un jeune vers le terrorisme (cas documentés).

Il est temps d'aligner les lois sur notre réalité numérique.

Ces enjeux exigent des solutions. Supprimer les algorithmes est utopique : ils génèrent trop de revenus pour Google ou Meta. Mais une supervision humaine est envisageable, pour protéger les vulnérables et distinguer le bien du mal.

Internet reste jeune, son potentiel immense, mais la législation traîne. Il urge d'adapter les lois à notre ère numérique.


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