Sommes-nous vraiment prêts pour le loup aux Pays-Bas ?

Les loups se rapprochent des Pays-Bas
Les loups sont de plus en plus présents aux Pays-Bas. La semaine dernière, un loup mort a été découvert dans le pays. Les meutes de loups deviendront-elles bientôt une réalité dans nos forêts ? Sommes-nous réellement préparés à accueillir ce nouveau venu ?
En 2000, le Waaslandwolf avait fait les gros titres. Il y a deux ans, l'équipe du programme One Animals in Nests a filmé un loup en plein jour. Et cet été, un loup mort a été retrouvé à Luttelgeest. Ces trois observations en 13 ans marquent un retour progressif. « La plupart des passages de loups passent inaperçus », explique Kris Boers, vice-président du groupe de travail sur les mammifères chez Natuurpunt. « Pour l'instant, il s'agit d'incidents isolés, mais à terme, les loups pourraient redevenir partie intégrante de la faune belge et néerlandaise. »
Pas de réintroduction artificielle
Le loup n'a pas été réintroduit en Belgique ni aux Pays-Bas. « Les loups observés ici descendent de populations florissantes en Allemagne », précise Boers. « Les jeunes quittent leur meute pour en former de nouvelles. Sans frontières pour eux, ils vagabondent aussi en France et au Danemark. »
Éteint en Belgique depuis 115 ans et aux Pays-Bas depuis 150 ans en raison de la chasse intensive, le loup bénéficie aujourd'hui d'une protection stricte qui favorise sa recolonisation naturelle.
Adaptation au paysage moderne
La recolonisation du nord-ouest de l'Europe est en cours, mais les Pays-Bas, densément urbanisés, posent challenge. Un loup a besoin d'environ 400 km² d'habitat. « Ce n'est pas évident avec nos routes tous les 300 mètres, mais si leur territoire inclut l'Allemagne et la France, des meutes pourraient s'établir », note Boers. En Allemagne, des loups vivent à 20 km de Berlin, prouvant leur adaptabilité à l'homme.
Le réseau routier actuel freine les migrations, mais des écoducs et tunnels verts se multiplient. Les parcs fermés ? « Pas une solution durable pour des animaux sauvages », selon Boers.
Mauvaise réputation infondée
Le loup effraie souvent, vu comme un monstre sanguinaire menaçant bétail et humains. Faux : timides, ils fuient l'homme. Carnivores, ils chassent chevreuils et gibier sauvage, mais peuvent attaquer moutons ou chèvres si faciles d'accès.
Dans d'autres pays, des chiens de troupeau et clôtures protègent efficacement le bétail. « Les loups préfèrent la proie facile, mais les précautions réduisent drastiquement les dommages », ajoute Boers.
Indemnisation des dommages
En Flandre, l'arrêté de 1998 indemnise les dégâts de faune supérieure à 300 € causés par espèces protégées. Le loup n'y figure pas encore, car non indigène officiellement. « Avec plus d'observations, il le sera, conformément à la directive européenne », prévoit Boers. Le gouvernement flamand devra adapter la législation.
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