Près de 1 000 espèces exotiques de poissons, crustacés et algues ont colonisé la mer Méditerranée, menaçant ses écosystèmes fragiles.

Une biodiversité sous pression
Les scientifiques recensent environ 17 000 organismes marins en Méditerranée, dont un cinquième est endémique. Les espèces exotiques perturbent gravement ces écosystèmes : les poissons-lapins de l'océan Indien, par exemple, dévorent les algues, impactant toute la chaîne alimentaire. Ailleurs, l'algue exotique Caulerpa cylindrica, à croissance rapide, forme des tapis étouffants qui privent coraux, algues locales et invertébrés de lumière, d'oxygène et de nourriture.
Des experts du Centre commun de recherche (JRC) de la Commission européenne ont analysé la répartition de 986 espèces exotiques. Les activités humaines – navigation, aquaculture et construction de canaux – en sont les principales causes.
Via le canal de Suez
Une soixantaine d'espèces, surtout des algues, ont été introduites par l'aquaculture. Plus de 400 poissons exotiques sont arrivés par le canal de Suez, dont plus de 80 % au cours des 50 dernières années.
Le changement climatique accentue le phénomène : les eaux du bassin lévantin (sud de la Turquie, Syrie, Liban, Israël, Gaza, Chypre, Égypte) se réchauffent depuis 20 ans, favorisant les espèces de la mer Rouge, de la mer d'Oman et de l'océan Indien. Jusqu'à 40 % des animaux marins de la région sont désormais exotiques.
Les scientifiques plaident pour des mesures strictes, comme le traitement des eaux de ballast des navires, afin de limiter ces introductions. (ddc)