Le lémurien-souris de Madagascar, petit primate de la taille d'une tasse de thé, porte en son ADN les secrets des forêts anciennes de l'île.

Madagascar abrite une biodiversité exceptionnelle, mais ses habitats naturels régressent rapidement. En 35 ans, la moitié des forêts a cédé la place à l'exploitation minière, forestière et agricole. Quelle était la végétation de l'île avant l'arrivée des humains, il y a environ 2 000 ans ? Longtemps, les scientifiques ont imaginé une île entièrement couverte de forêts. Des biologistes de l'Université Duke remettent cette idée en question.
Différences génétiques
Pour retracer l'histoire de Madagascar, ils ont analysé l'ADN de lémuriens-souris du genre Microcebus, les plus petits primates de l'île, rendus célèbres par le film d'animation Madagascar. Cinq espèces ont été étudiées, chacune occupant une zone spécifique.
Ces espèces se ressemblent morphologiquement, mais leur ADN révèle des divergences. En comparant ces différences, les chercheurs ont daté leur divergence à partir d'un ancêtre commun. Toutes vivant exclusivement en forêt, une couverture forestière continue avant l'arrivée humaine aurait entraîné une séparation récente et des différences génétiques minimes.
Îles de forêt
L'ADN des lémuriens-souris contredit cette hypothèse : les espèces avaient déjà divergé avant l'arrivée des humains, prouvant que l'île n'était pas entièrement boisée.
Certaines populations occupent des parcelles forestières isolées par des prairies, mais leur ADN est proche de celui des voisins forestiers les plus proches. Cela suggère des connexions forestières en période humide, et des fragmentations en période sèche. Madagascar n'aurait ainsi jamais été une vaste forêt continue, mais un patchwork de forêts entrecoupées de prairies. Cette étude est publiée dans PNAS.
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