Des scientifiques américains ont élargi l'alphabet génétique de l'ADN (A, C, G, T) en y intégrant deux nouvelles bases synthétiques : X et Y.

Pendant des milliards d'années, l'histoire de la vie s'est écrite avec un alphabet de quatre lettres uniquement : A, T, C et G, les briques fondamentales de l'ADN. Cette semaine, une équipe de chercheurs américains publie dans Nature une avancée majeure : l'ajout de deux nouvelles bases artificielles, X et Y.
Ces bases synthétiques ne sont pas entièrement inédites, mais l'exploit réside dans leur intégration stable dans une bactérie vivante sans altérer l'ADN. Les chimistes ont inséré X et Y dans un plasmide – un petit ADN circulaire – introduit dans une bactérie E. coli. Placée en présence de ces bases libres, la bactérie a pu les répliquer fidèlement, démontrant ainsi la tolérance cellulaire à cet alphabet étendu.
Cependant, la production de nouvelles protéines reste un objectif futur. L'alphabet à quatre bases permet de coder 20 acides aminés ; avec six bases, jusqu'à 172 sont possibles. Ces acides aminés supplémentaires pourraient générer des protéines innovantes, utiles pour de nouveaux médicaments ou nanomatériaux. (ks)
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