Les scientifiques cartographient le génome du pigeon.

Une équipe internationale de chercheurs a séquencé le génome complet du pigeon, publiant ses résultats dans la revue Science. Cette avancée génétique révèle les origines des oiseaux, les liens entre pigeons sauvages et de course, ainsi que les mécanismes derrière leurs plumages inhabituels.
La grande diversité des plus de 350 races de pigeons avait déjà inspiré Charles Darwin dans l'élaboration de sa théorie de l'évolution. Désormais, le pigeon rejoint le poulet, la dinde et le diamant mandarin, dont les génomes ont été précédemment analysés. Malgré une divergence évolutive il y a environ 100 millions d'années, leurs génomes restent remarquablement similaires.
Fondés sur des études antérieures, les chercheurs confirment que la plupart des races proviennent du Moyen-Orient. L'analyse de l'ADN de nombreuses races supplémentaires valide cette origine. De plus, les similitudes génétiques entre races iraniennes et indiennes soulignent non seulement des échanges commerciaux historiques, mais aussi un partage d'animaux entre éleveurs.
Les scientifiques ont également examiné l'ADN de deux pigeons sauvages : l'un de la région de Salt Lake City et l'autre du lac Anna, en Virginie, à environ 1 600 km de distance. Malgré cette séparation géographique, ces oiseaux présentent de fortes similitudes génétiques entre eux et avec les pigeons voyageurs, corroborant l'hypothèse d'une descendance à partir d'individus domestiques échappés.
Le génome du pigeon compte environ 17 300 gènes, contre 21 000 chez l'humain. Une mutation du gène EphB2 explique le collier de plumes spécial de certaines races, où les plumes remplacent le duvet. Les pigeons porteurs de ce trait partagent non seulement la mutation, mais aussi l'ADN environnant, indiquant une origine unique ensuite diffusée par croisements.