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L'ADN environnemental (eDNA) révolutionne l'étude de la biodiversité

Les biologistes ne passent plus des heures à errer dans les montagnes et vallées à la recherche d'animaux et de plantes. L'ADN environnemental (eDNA) leur révèle tout ce qu'ils ont besoin de savoir.

L ADN environnemental (eDNA) révolutionne l étude de la biodiversité

Quelles espèces peuplent la savane ? Des biologistes américains ont analysé le contenu digestif de bousiers au Swaziland, plutôt que de se cacher dans les sous-bois.

Chaque animal libère en permanence des traces d'ADN dans son environnement, via excréments, squames ou autres. Cet "eDNA" permet aux scientifiques d'identifier précisément les espèces.

L'ADN de chaque organisme possède des séquences uniques, comme un code-barres génétique, facilitant la distinction entre espèces.

Les bousiers contenaient l'ADN de gnous, zèbres, bovins, chèvres et humains. Cette méthode simple et économique cartographie efficacement la biodiversité, concluent les chercheurs.

À la pêche à l'ADN

L'eDNA gagne du terrain. En Belgique, l'Institut de recherche nature et forêt (RIOB) l'utilise pour étudier la biodiversité des rivières, lacs et étangs. « Nous évaluons la qualité de l'eau via les poissons qui y vivent, explique Rein Brys (RIOB). Traditionnellement, cela implique de pêcher à de multiples endroits, une méthode laborieuse et imparfaite. L'eDNA offre précision et efficacité. »

Les chercheurs du RIOB prouvent que l'analyse d'eDNA dans l'eau identifie les espèces de poissons et estime leur abondance. « La principale difficulté est de convertir la quantité d'ADN en biomasse ou nombre d'individus, note Brys. Le mode de vie influence cela : un brochet sédentaire libère moins d'eDNA qu'un chevesne actif. » Ils mènent des tests en conditions contrôlées pour affiner ces mesures.

Excréments de chauves-souris

L'eDNA excelle pour les espèces discrètes, comme les larves d'insectes ou les chauves-souris. Analyser leurs excréments est plus aisé que les traquer de nuit. Le RIOB a développé une méthode pour identifier les chauves-souris belges via eDNA, confirmant la présence inédite de la nymphe chauve-souris.

Rein Brys envisage l'eDNA pour étudier les insectes pollinisateurs ou espèces rares comme le triton crêté, sans les perturber. « C'est une alternative prometteuse et non invasive. »

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