Les interrupteurs génétiques responsables de la formation des nageoires sont très similaires à ceux qui contrôlent le développement des mains.

Il y a environ 400 millions d'années, nos ancêtres aquatiques ont conquis la terre ferme. La transformation des nageoires en membres reste un mystère, mais des chercheurs américains viennent de découvrir des similitudes génétiques entre nageoires et mains.
À première vue, nageoires et mains semblent très différentes. Le poignet humain comprend de petits os suivis de phalanges allongées, tandis que les nageoires se composent d'os longs terminés par de petits os ronds. Les gènes HoxD et HoxA, impliqués dans leur développement, présentent aussi des écarts notables. Transférer les "interrupteurs" génétiques des poissons vers des embryons de souris n'a pas produit de mains.
Les scientifiques ont peut-être ciblé le mauvais modèle. Les poissons téléostéens (95 % des espèces actuelles) ne convenaient pas. Ils se sont tournés vers le brochet-caïman, un poisson primitif d'eau douce.
Les interrupteurs des gènes HoxD et HoxA chez ce brochet montrent une grande similitude avec ceux des souris, et se comportent de manière identique dans les embryons murins.
Ces différences avec les téléostéens s'expliquent par une duplication complète du génome survenue il y a 300 millions d'années, après la séparation des lignées. Cela a permis aux poissons de s'adapter à divers environnements, modifiant les gènes des nageoires.
Le brochet-caïman, antérieur à cette duplication, préserve les origines génétiques communes des nageoires et des mains. (ddc)