Ce que le GIEC sous-estime souvent dans ses modèles climatiques.

Les matériaux à base de ciment, comme le béton et le mortier, absorbent une part significative du CO2 émis lors de leur production, via un processus de carbonatation. Un aspect que les rapports du GIEC intègrent encore insuffisamment.
La production de ciment, ingrédient clé du béton et du mortier, représente environ 5 % des émissions mondiales de CO2. L'industrie cimentière est thus un contributeur majeur au réchauffement climatique. Pourtant, elle échappe souvent aux mesures prioritaires, comme d'autres secteurs industriels lourds.
Fissures et porosité : clés de la carbonatation
La décabonatation, étape clé de la fabrication du ciment, libère du CO2. Inversement, une fois durcis, béton et mortier capturent du CO2 atmosphérique par carbonatation. Ce processus s'accélère via fissures et pores, qui se multiplient avec l'âge, l'exposition au vent et à la pluie, voire lors de la dégradation.
Cartographie mondiale du puits de carbone du ciment
Des chercheurs internationaux, menés par une agence chinoise spécialisée dans les émissions, ont quantifié ce puits de carbone global issu des déchets de béton, mortier et ciment depuis 1930. Leur étude, peer-reviewed et publiée dans Nature Geoscience, couvre l'ensemble de la planète et démontre sa crédibilité scientifique.
43 % du carbone libéré par la décabonatation du ciment est réabsorbé par sa carbonatation.
Sur plus de 80 ans, 4,5 milliards de tonnes de carbone ont été séquestrés, soit 43 % des émissions liées à la décabonatation (hors combustion des combustibles fossiles). Ce puits compense près de la moitié du CO2 processuel.
Les experts recommandent de prioriser la décarbonation énergétique des cimenteries, sans équivalent naturel pour ces émissions.
[]