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Corridors maritimes zéro émission : un levier pour décarboner l'industrie du transport maritime

L'économie mondiale en pleine expansion repose sur le transport maritime, qui acheminer de la nourriture aux matériaux de construction. De nombreux produits commandés en ligne, y compris auprès d'Amazon, parcourent des milliers de kilomètres par voie maritime via canaux et voies navigables.

À travers le monde, ces canaux relient les plans d'eau, raccourcissant les trajets en traversant les continents plutôt qu'en les contournant. Parmi les plus emblématiques, le canal de Panama unit l'océan Atlantique au Pacifique, facilitant le commerce international.

Cependant, ce système n'est pas infaillible. Les perturbations de la chaîne d'approvisionnement, amplifiées par la pandémie de COVID-19, en sont la preuve. Avant même la crise, les fabricants peinaient à répondre à la demande ; les fermetures d'usines et les capacités limitées ont vidé les rayons des supermarchés, comme l'a rapporté le New York Times.

L'industrie maritime représente près de 3 % des émissions mondiales de CO₂, dépassant l'aviation (2 %), selon Yale Climate Connections. Le déplacement annuel de 10 milliards de tonnes de fret génère ces émissions massives. L'Organisation maritime internationale (OMI) de l'ONU peine à imposer une transition vers l'énergie électrique et des solutions zéro émission nette d'ici 2050.

Pour accélérer la décarbonation, une coalition de 19 pays, dont les États-Unis, le Royaume-Uni et les Îles Marshall, a signé à la COP26 la « Déclaration de Clydebank pour les couloirs de navigation écologiques ». Cette initiative vise à établir des routes commerciales « vertes » zéro émission.

Dans le jargon maritime, les voies maritimes sont des routes régulières pour le fret mondial. L'accord prévoit des corridors dédiés aux navires sans émissions d'ici 2050. « Notre objectif est de soutenir au moins six corridors verts d'ici le milieu de la décennie, avec une intensification progressive, y compris plus d'itinéraires et de navires », indiquent les signataires dans un communiqué.

La stratégie inclut des navires à carburants sans carbone et des ports zéro émission. Peel Ports, opérateur britannique, vise la neutralité carbone d'ici 2040 et explore l'hydrogène, selon Reuters.

Malgré ces avancées, des ONG environnementales comme Pacific Environment critiquent le manque de détails et de mesures contraignantes. « Le cadre de Clydebank risque des reports et des failles fossiles. Il faut des jalons obligatoires pour éliminer les carburants polluants », alerte Madeline Rose, sa directrice.

Les leaders de l'industrie, comme Jan Dieleman de Cargill, saluent l'initiative : « L'industrie accepte la décarbonation, mais sans réglementation mondiale, la transformation globale échouera », déclare-t-il à Reuters.


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