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Panne d'électricité à Tchernobyl : risques pour la sécurité nucléaire et le personnel sur site

Fin février 2022, les forces russes ont pris le contrôle de plusieurs sites nucléaires en Ukraine, dont la centrale de Tchernobyl, théâtre de la catastrophe de 1986. Cette installation emblématique a perdu son alimentation électrique, suscitant de graves inquiétudes pour la sécurité du personnel et des populations locales.

Mercredi, Ukrenergo, opérateur du réseau électrique ukrainien, a annoncé que la centrale de Tchernobyl était « complètement déconnectée du réseau électrique » en raison de l'invasion russe. « La centrale n'a plus d'alimentation électrique », précise le communiqué.

Une coupure d'électricité peut compromettre les systèmes de refroidissement essentiels au maintien en sécurité des matériaux radioactifs. Sans électricité, le risque de fuite radioactive existe bel et bien.

Le ministre ukrainien des Affaires étrangères, Dmytro Kuleba, a alerté sur Twitter : « Le seul réseau alimentant la centrale et ses installations, occupées par l'armée russe, est endommagé. » Il appelle la communauté internationale à exiger un cessez-le-feu immédiat pour permettre les réparations.

Cependant, l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), organe onusien de surveillance nucléaire, minimise les risques de catastrophe majeure. « L'inventaire de matières radioactives est très faible », et les matériaux sur site sont « sous-critiques », insuffisants pour une réaction en chaîne, selon son communiqué.

L'AIEA exprime toutefois une vive préoccupation pour les 210 techniciens et gardes sur place depuis le 24 février. Privés de relève, ils travaillent sans interruption depuis deux semaines.

« Le personnel est pris en otage, menaçant la sécurité ukrainienne et européenne », dénonce Alyona Shevtsova, responsable militaire ukrainienne, sur Facebook.

Bien que disposant de provisions limitées en nourriture, eau et médicaments, les équipes sont épuisées. Le directeur général de l'AIEA, Rafael Grossi, insiste sur la nécessité de rotations pour éviter les erreurs dues à la fatigue. De plus, Tchernobyl ne transmet plus de données de surveillance, un point sous examen par l'agence.

« Je suis profondément préoccupé par la situation stressante du personnel », déclare Grossi, rappelant que la prise de décision sans pression est un pilier de la sûreté nucléaire.

Il se dit prêt à se rendre sur site pour sécuriser les opérations et soulager les équipes.

Rappel : en 1986, sous contrôle soviétique, Tchernobyl a connu la pire catastrophe nucléaire mondiale, avec des rejets radioactifs massifs en Europe. Trois réacteurs ont continué à fonctionner jusqu'en 2000.

L'Union européenne condamne l'agression russe et s'inquiète des risques nucléaires. « Nous devons tout faire pour éviter un accident aux répercussions mondiales », déclare-t-elle dans un communiqué.

Correction (9 mars 2022) : Cet article a été mis à jour pour préciser que certains réacteurs de Tchernobyl ont fonctionné jusqu'en 2000.

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