Environ 75 % des foyers américains sont équipés de climatiseurs, qui consomment près de 6 % de l'électricité nationale. Avec le réchauffement climatique, leur usage exploserait. Pourtant, dépendre massivement de la climatisation n'est pas viable à long terme.
L'augmentation de la demande en électricité aggrave le changement climatique via une "boucle de rétroaction positive". Les climatiseurs, alimentés majoritairement par des combustibles fossiles, émettent des GES comme les HFC, destructeurs de la couche d'ozone. Plus il fait chaud, plus on les utilise, amplifiant le réchauffement. Il est urgent de réduire leur consommation.
L'inconfort thermique pousse à activer la climatisation quand la température ambiante dépasse un certain seuil, explique Ollie Jay, professeur de chaleur et santé à l'Université de Sydney, et directeur de l'incubateur de recherche sur la chaleur et la santé.
Selon une étude de 2022 publiée dans The Lancet Planetary Health, les ventilateurs augmentent ce seuil de 3 à 4 °C. Résultat : on reste confortable plus longtemps et on allume la clim moins souvent, réduisant l'usage global, précisent les auteurs dont Ollie Jay.
À 1,2 m/s, combinés à une clim activée seulement au-delà du nouveau seuil, ils divisent par 4 la consommation d'énergie (réduction de 76 %). Ils refroidissent le corps sans baisser la température de l'air, permettant un confort à des températures plus élevées.
Idéaux en climats humides, ils favorisent l'évaporation de la sueur pour refroidir la peau, note Jennifer Vanos, professeure adjointe à la School of Sustainability de l'Arizona State University. En zones sèches et très chaudes, leur efficacité diminue sans sudation.
Facteurs comme l'âge influent : chez les plus de 65 ans, la transpiration réduite limite l'effet. D'où l'intérêt de solutions combinées et durables.
Refroidissez une pièce sans clim : rideaux occultants, peinture claire sur les murs, végétation ombrageante via évapotranspiration, conseille Vanos. Mais viser l'air ambiant n'est pas la seule option.
"Oubliez le refroidissement de l'air ou de la maison : ciblez la personne dans un environnement chaud", insiste Jay. C'est accessible, peu énergivore et bas-carbone.
Des stratégies validées scientifiquement, décrites dans un article de 2021 dans The Lancet co-écrit par Jay : eau froide à boire, serviettes glacées, vêtements humides, pieds dans l'eau froide, brumisation ou éponge. Efficaces même en contextes modestes.
Ces méthodes abaissent la température corporelle centrale, limitant stress cardiovasculaire et déshydratation. Face aux étés caniculaires, adoptez-les pour vous rafraîchir sans alourdir les réseaux électriques.
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