La crainte d’un déclin de la position des Blancs dans la société américaine éclaire en grande partie le succès du candidat Donald Trump.
En 2009, le mouvement conservateur Tea Party a gagné en popularité. Des chercheurs américains attribuent cette montée, en partie, à une menace perçue sur la « suprématie blanche relative » aux États-Unis. Ce sentiment résulte de divers facteurs : croissance démographique des minorités et leur influence politique accrue, élection du premier président noir, ou crise financière affectant le statut économique des Blancs. L’étude précise que cela ne relève pas nécessairement d’un racisme ouvert, mais d’un biais de groupe pro-blanc plutôt qu’anti-minorités.
Ce mécontentement lié au « déclin blanc » a propulsé le Tea Party et influence encore la campagne présidentielle actuelle, explique Robb Willer. « Donald Trump bénéficie du soutien des mêmes bases que le Tea Party. Les mêmes dynamiques psychologiques sont à l’œuvre, avec des discours plus explicites sur les minorités, comme sur l’immigration. » Les sympathisants Tea Party voient dans ces politiques un moyen de restaurer la position des Blancs face aux mesures d’Obama ou à une immigration trop permissive.
L’équipe a conduit cinq expériences auprès de 1 329 participants. Dans la première, une photo sombre d’Obama a augmenté de 22 % (vs 12 %) le soutien au Tea Party chez les Blancs, comparé à une photo plus claire. Deux autres expériences ont informé les Blancs d’une baisse de leur part démographique ou de leur revenu relatif, boostant leur appui au Tea Party.
Une quatrième, limitée aux adhérents Tea Party, a renforcé leur engagement face à un déclin blanc perçu. Enfin, chez les Blancs se sentant menacés, la prise de connaissance des positions raciales du mouvement (ex. : immigration) a amplifié le soutien, plus que les positions non raciales (ex. : réduction des dépenses publiques).
Signée par Robb Willer (Stanford), Matthew Feinberg (Université de Toronto) et Rachel Wetts (UC Berkeley), l’étude est disponible en ligne sur le Social Science Research Network (2020).
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