La Semaine flamande contre le harcèlement est en cours. Basé sur des études scientifiques, cet article répertorie les meilleures stratégies pour gérer l'intimidation en tant qu'enseignant ou parent.
L'intimidation est un problème complexe, persistant et répandu. Selon la recherche, elle est définie comme « un comportement délibérément agressif qui se produit à plusieurs reprises et où les victimes ont du mal à se défendre ». Cette définition, introduite dans les années 1990 par le chercheur norvégien Dan Olweus, reste la référence dans les travaux scientifiques actuels.
« Un peu moins de 10 % des Flamands de 11 à 15 ans ont indiqué avoir été harcelés plusieurs fois au cours des mois précédant l'enquête »
L'intimidation prend diverses formes, plus ou moins visibles pour l'entourage. Le harcèlement physique et verbal est plus facile à détecter que le harcèlement relationnel ou cyberharcèlement. L'étude de l'OMS sur le comportement de santé des enfants scolarisés (2014) montre que moins de 10 % des jeunes Flamands âgés de 11 à 15 ans ont subi des intimidations récurrentes. Bien que ce chiffre ait baissé depuis 2010, le problème reste trop présent, avec des conséquences graves à court et long terme.
Les recherches confirment que toutes les personnes impliquées souffrent de l'intimidation, mais les victimes en subissent les effets les plus sévères, comme des troubles mentaux variés (anxiété, dépression, risque suicidaire accru). Loin d'être anodine, l'intimidation n'est pas une « phase normale » de l'enfance.

Dans la défense des droits de l'enfant et pour une scolarité heureuse, des initiatives comme la Semaine contre le harcèlement, portée par le réseau flamand Kies Kleur tegen Pesten, sont cruciales. Cette année, la chanson thème « Stip na stip » captive les enfants et leur prodigue des astuces. Elle sensibilise efficacement, comme en témoignent les points multicolores arborés par les élèves.
Ces actions inspirent, mais ne suffiront pas à éradiquer l'intimidation du jour au lendemain, comme le chante le refrain. Utopique ou non, nous devons viser sa réduction maximale.
Les témoins omettent souvent d'intervenir, faute de connaissances, compétences ou courage, ou en raison de l'effet spectateur (plus de témoins réduit les chances d'aide).
Écoutons leur appel et agissons en tant qu'enseignants, parents ou adultes impliqués.
Le programme finlandais KiVa démontre que les interventions des pairs réduisent l'intimidation et atténuent ses effets. Pour encourager ces défenses, les adultes sont indispensables, comme le réclament les élèves dans l'enquête Klasse de 2014.
L'implication des enseignants est essentielle. Bien que les recherches sur leurs interventions soient récentes, nos études à la KU Leuven comblent ce manque. Voici des stratégies validées.
Catégorisez vos interventions par niveau de soutien/sanction. Une étude italienne montre que le soutien (réconfort, discussions collectives) et les sanctions claires (règles de conduite, signalements) réduisent l'intimidation.
Ciblez les acteurs : Soutenez les victimes pour atténuer les effets ; boostez l'empathie ; impliquez tous ; séparez les impliqués ; sensibilisez les spectateurs, dont l'approbation tacite renforce les intimidateurs (KiVa).
L'implication des enseignants est essentielle pour contrer le harcèlement.
Évitez l'inaction : elle aggrave le problème, selon des études en secondaire.
Recommandations pratiques : soyez vigilant (supervision accrue, confiance des élèves) ; prenez au sérieux les signalements ; consultez collègues pour actions pondérées.

Les parents sont des alliés clés. Consultez la brochure « Tackling Bullying - What Can Parents Do? » des fédérations parentales (KOOGO, GO! Ouders, VCOV) : définitions, plan étape par étape pour victimes, conseils pour intimidateurs et spectateurs.
Cet article complémente scientifiquement les ressources existantes. Puissions-nous inspirer enseignants et parents.
Rédigé par Karlien Demol, doctorante en recherche à la KU Leuven. Paru aussi sur opgroeienblog.wordpress.com.
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