Bien avant l'apparition des symptômes de la maladie d'Alzheimer, les souris transgéniques perdent leur capacité à reconnaître de nouvelles odeurs. Cette découverte ouvre la voie à un test de dépistage non invasif.

Aucune thérapie curative n'existe encore contre la maladie d'Alzheimer. Des médicaments peuvent toutefois ralentir sa progression et atténuer les symptômes. Pour optimiser leur efficacité, il est crucial de les initier le plus tôt possible. D'où l'importance d'un dépistage précoce des personnes à haut risque.
La Dr Ann Van der Jeugd, du Laboratoire de psychologie biologique de la KU Leuven, explore depuis plusieurs années un test olfactif non invasif. Elle utilise des souris transgéniques modélisant Alzheimer, porteuses d'un gène provoquant l'accumulation de plaques amyloïdes et d'enchevêtrements neurofibrillaires – similaires à ceux observés dans le cerveau des patients décédés.
Dans son étude, la Dr Van der Jeugd a offert aux souris transgéniques et témoins saines le choix entre une nourriture à odeur familière et une à odeur inédite. Les souris saines ont préféré l'odeur connue, contrairement aux transgéniques qui ont consommé les deux en quantités égales, révélant un déficit de reconnaissance olfactive. Fait notable : ce dysfonctionnement apparaît avant toute formation de plaques amyloïdes.
Ces résultats pionniers pourraient mener à un test olfactif détectant précocement les risques d'Alzheimer, avant symptômes de démence ou lésions cérébrales visibles. Cela permettrait d'initier les traitements à temps pour mieux freiner la maladie.