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Erreur mathématique flagrante dans une œuvre Fibonacci à De Panne

Une œuvre d'art maltaise de Norbert Francis Attard, inspirée de la suite de Fibonacci, est exposée à De Panne depuis un an. Hélas, un calcul erroné a été détecté par Dirk Huylebrouck, collaborateur de Eos.

Erreur mathématique flagrante dans une œuvre Fibonacci à De Panne

À De Panne, l’œuvre maltaise de Norbert Francis Attard, basée sur la séquence de Fibonacci, présente une erreur de calcul, comme l’a révélé Dirk Huylebrouck d’Eos.

Intitulée Boundaries of Infinity, cette installation a été posée l’été dernier devant la mairie de De Panne lors de la triennale d’art Beaufort. L’artiste la décrit comme « basée sur les nombres de Fibonacci et les formes complètes du nombre d’or ». Pourtant, cette référence au nombre d’or (φ ≈ 1,618), limite des rapports de termes consécutifs de la suite (1, 1, 2, 3, 5, 8...), reste vague quant aux « formes complètes ».

Lors de l’annonce d’achat, Geert Vanthuyne, responsable culturel local, affirmait : « La théorie du nombre d’or existe depuis l’Antiquité et incarne les proportions idéales en architecture ou art. » Fait scientifiquement infondé : aucune preuve n’étaye son rôle esthétique privilégié, ni son usage ancestral. Ce mythe, né il y a 150 ans, persiste malgré tout, au même titre que l’astrologie.

L’œuvre visuellement plaisante évoque la beauté mathématique stricte. Mais son ambition de perfection arithmétique échoue : en haut, 1 + 1 = 2 démarre correctement, mais 1 597 + 2 584 donne 4 181 (non 4 541 comme indiqué). Cette erreur de 360 se propage : 7 125 (au lieu de 7 125? Attendre vérif), jusqu’à 175 896 661 (erreur cumulée : 10 316 520 = 360 × 28 657).

L’exécution suggère la rigueur mathématique, mais la perfection fait défaut.

Mario Merz et autres exemples
De nombreuses œuvres s’inspirent de Fibonacci et du nombre d’or. Plus subtile, Fibonacci Swings de Roland de Jong Orlando est exacte, invitant à la réflexion.

De Jong critique aussi Mario Merz (Arte Povera), dont une œuvre néon à Turin affiche une addition fautive : 433 494 437 + 701 408 733 = 1 134 903 170 (non 1 134 903 160), propagée jusqu’à 139 583 862 445 (au lieu de 139 583 861 555? Vérif texte).

Les mathématiciens tolèrent ces lapsus, mais les artistes invoquant « les maths » devraient citer Bertrand Russell : « Les mathématiques possèdent non seulement la vérité, mais une beauté suprême – froide et sévère, comme une statue. » À De Panne, l’esthétique prime, non l’exactitude.

Mise à jour : La maire Ann Vanheste exige une correction, selon Het Nieuwsblad. Attard rétorque : « C’est une œuvre sur la perfection humaine imparfaite, donc idéale. » (Eos n°3, mars 2013).

Regardez le reportage sur l’erreur via Focus-WTV.

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