La carence en oxygène dans les cellules tumorales favorise activement la progression du cancer.

La carence en oxygène (hypoxie) dans les cellules tumorales stimule la croissance cancéreuse.
Le cancer résulte souvent d'une mutation de l'ADN cellulaire, due au hasard ou à des substances cancérigènes. Ces altérations provoquent une division cellulaire incontrôlée, formant une tumeur.
Au-delà des différences génétiques, les cellules cancéreuses présentent des anomalies épigénétiques : les fonctions des gènes sont modifiées sans altération de leur séquence ADN, créant un environnement propice à la prolifération tumorale.
Le professeur Diether Lambrechts et le Dr Bernard Thienpont, du VIB-KU Leuven, ont élucidé ce mécanisme en se focalisant sur l'hyperméthylation, un processus épigénétique courant qui accélère la croissance des cellules cancéreuses.
Grâce à l'analyse de 3 000 tumeurs humaines, ils ont démontré que l'hypoxie est un facteur environnemental clé, responsable d'environ la moitié des cas d'hyperméthylation. Ce phénomène est prédominant dans les cancers du sein, de la vessie, colorectal, de la tête et du cou, rénal, pulmonaire et utérin.
Des expériences sur souris ont confirmé qu'un apport normalisé en oxygène via la circulation sanguine stoppe l'hyperméthylation et limite la prolifération tumorale.
Ces découvertes ouvrent la voie à de nouveaux traitements visant à oxygéner les tumeurs pour rendre les cellules cancéreuses moins agressives. Les résultats sont publiés dans la revue Nature. (EV)
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