Les personnes infectées par le paludisme transmettent le parasite à de nouveaux moustiques, qui à leur tour infectent d'autres humains. Les anticorps humains peuvent empêcher cette chaîne de transmission.

Une femelle moustique vecteur du paludisme se nourrit de sang humain. Elle est infectée par des parasites, mais contient aussi des anticorps humains. Photo : Fabien Beilhe.
Le paludisme se propage de manière extrêmement efficace. Les traitements actuels peinent à bloquer cette transmission, car les parasites persistent longtemps dans le sang du patient, même sous traitement. Un moustique non infecté qui pique un patient peut ingérer le parasite. Dans l'estomac du moustique, les parasites mâles et femelles se reproduisent, produisant une descendance transmise à l'homme par piqûre. Ainsi, un seul patient peut générer plus d'une centaine de nouveaux cas.
Empêcher les personnes infectées de contaminer de nouveaux moustiques est crucial pour éradiquer le paludisme. Une piste prometteuse émerge : après une infection, certains patients développent des anticorps qui non seulement les protègent contre de futures infections, mais bloquent aussi la transmission. Aspires par les moustiques, ces anticorps neutralisent les parasites dans leur estomac ou empêchent la fécondation.
Un patient peut causer plus d'une centaine de nouveaux cas de paludisme
Teun Bousema, chercheur en paludisme au Radboudumc, et ses collègues de la London School of Hygiene & Tropical Medicine, ont identifié qu'un patient sur vingt-cinq bloque totalement la transmission grâce à ces anticorps. Ils ont analysé les protéines immunitaires impliquées et espèrent développer un vaccin transmission-blocking à partir de ces découvertes.