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Sexe avec des robots : plaisir et relations intimes possibles ?

À l'avenir, les robots pourraient non seulement être capables d'avoir des relations sexuelles, mais aussi d'entretenir des liens intimes authentiques.

Les robots sexuels gagnent en popularité. Ces gadgets high-tech, conçus spécifiquement pour les relations sexuelles, posent la question : est-ce agréable ? Peut-on y développer une relation ou même tomber amoureux ?

Les robots sexuels du futur seront probablement autonomes, décidant eux-mêmes de leurs actions sans intervention externe. Dotés des organes nécessaires, ils intègrent des avancées en intelligence artificielle (IA) pour des réponses réalistes aux touchers et des conversations naturelles, elevant ainsi le plaisir utilisateur à un niveau supérieur.

Les données sur les utilisateurs actuels et les intentions futures font défaut, le sujet étant tabou. La recherche scientifique en est à ses débuts. Une vaste enquête auprès des Belges révèle que les femmes et les jeunes percevraient les relations sexuelles de leur partenaire avec un robot comme un adultère. Cela n'éclaire pas pour autant le désir personnel. Si beaucoup cherchent du sexe pur, la plupart aspirent à une intimité : confort, toucher non sexuel, confiance et amitié. Les robots pourraient y parvenir, rendant envisageables des liens affectifs ou amoureux.

Le robot du futur sera peut-être capable non seulement de relations sexuelles, mais aussi d'une intimité profonde avec un humain.

Doit-il ressembler à un humain ? Pas nécessairement : nous nous attachons déjà à des objets comme notre smartphone ou notre voiture. Pourtant, les robots sexuels actuels incarnent souvent des stéréotypes hypersexualisés, majoritairement féminins – les modèles masculins n'existent que depuis deux ans. Vigilance s'impose : évitons de déformer les corps et désirs humains. Un regard critique est essentiel sur les impacts pour l'utilisateur, la société et l'environnement. Les robots pourraient-ils aussi aider les personnes en situation de handicap ?

L'acceptation des relations humain-robot prendra du temps. Ils ne doivent pas se limiter aux personnes isolées, mais bénéficier à tous, si les risques sont bien cartographiés pour maximiser les avantages.

Charlotte Jewell étudie l'usage des robots en usines et soins de santé au centre imec-SMIT de la Vrije Universiteit Brussel (VUB), ainsi que les relations intimes humain-robot. Interviewée par la journaliste scientifique Anouk Bercht.


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