Pourquoi les chauves-souris ont-elles des oreilles pointues et les éléphants résistent-ils si bien au cancer ? Les particularités génétiques uniques de certains mammifères pourraient révolutionner la santé humaine.

Élèphants, chauves-souris, orques, dauphins, rats-taupes nus et écureuils possèdent des génomes distincts des autres mammifères, y compris l'humain. Ces différences leur confèrent des propriétés extraordinaires, comme la membrane alaire des chauves-souris. Des bioinformaticiens et généticiens américains ont comparé l'ADN de ces espèces à celui des humains pour identifier de nouvelles régions fonctionnelles aux potentiels cliniques majeurs.
Chaque division cellulaire comporte un risque de mutation pouvant mener à un cancer. Cela devrait affecter gravement les éléphants, dotés de cent fois plus de cellules que les humains. Pourtant, ces animaux sont rarement touchés par la maladie.

L'analyse des régions conservées du génome de l'éléphant éclaire ce paradoxe. Dans les segments impliqués dans la réparation de l'ADN, les chercheurs ont découvert des "régions accélérées" : des séquences similaires chez d'autres mammifères, mais enrichies spécifiquement chez les éléphants. Ces différences pourraient expliquer leur résistance au cancer. Introduire ces modifications génétiques chez l'humain ouvrirait la voie à de nouveaux traitements anticancéreux.
D'autres espèces présentent des régions accélérées uniques, parfois partagées sous forme variante chez l'humain. Par exemple, des mutations humaines mimant les oreilles pointues ou les membranes des chauves-souris correspondent à des régions spécifiques de leur génome. De même, des patients atteints de cataracte congénitale partagent des anomalies génomiques avec le rat-taupe nu, adapté à la vie souterraine. Des études approfondies sont nécessaires pour élucider le rôle précis de ces éléments.