L'analyse vidéo des quasi-accidents révolutionne la sécurité routière. Grâce à des logiciels spécialisés, nous identifions les risques potentiels avant qu'ils ne provoquent des accidents graves.
En analysant les images vidéo des quasi-accidents, nous détectons les dangers plus rapidement et précisément. Cela permet d'évaluer l'efficacité des mesures existantes et d'intervenir proactivement pour éviter les victimes. Cette méthode, que j'ai démontrée dans ma thèse de doctorat, s'inspire de l'aviation : on y étudie immédiatement tout incident pour prévenir les catastrophes futures. Appliquée au trafic, elle privilégie la « prévention » à la « guérison ».
Un logiciel d'analyse vidéo a permis de détecter et d'analyser efficacement les quasi-accidents de manière fiable.
Traditionnellement, la sécurité routière repose sur les statistiques d'accidents. Cette approche cynique attend souvent de multiples victimes pour identifier les points noirs. De plus, de nombreux accidents, comme ceux impliquant des cyclistes, échappent aux statistiques, faussant l'analyse.
Les données disponibles restent approximatives, insuffisantes pour comprendre les mécanismes des accidents et prévenir leur récurrence.
Les quasi-accidents offrent un aperçu rapide et détaillé de la sécurité, sans attendre des années de données. Leur analyse vidéo révèle les situations dangereuses et les accidents sous-déclarés.
Dans une étude sur la sécurité des cyclistes sur les voies de bus mixtes (partagées avec les bus), l'analyse des quasi-accidents a révélé des risques majeurs : dépassements dangereux et « collage au garde-boue » par les bus.
L'analyse vidéo met en évidence les dangers pour les cyclistes : manœuvres de dépassement périlleuses (haut) et collage au garde-boue (bas).
Les directives actuelles préconisent des voies étroites pour empêcher les dépassements. Pourtant, les cyclistes, mal à l'aise avec un bus à l'arrière, se collent au bord, permettant des dépassements même sur voies étroites – aggravant les risques par rapport aux voies plus larges.
En Belgique, une dizaine de telles voies existent faute d'espace pour pistes cyclables séparées. Aucune étude mondiale n'existait sur leur sécurité avant la nôtre, rendant l'analyse d'accidents impossible sans coûts exorbitants et victimes inutiles.
Inspiré des travaux de l'Université de Lund (Suède, leader en sécurité routière : ~250 morts/an vs 600+ en Belgique), j'ai adapté leurs méthodes des années 1970-80 à l'analyse vidéo moderne. Ce logiciel mesure précisément les mouvements des usagers.
Dans ma thèse, en collaboration avec les chercheurs suédois, j'ai appliqué ces analyses en Belgique pour la première fois, en intégrant le comportement normal des usagers (positions, vitesses).
Les quasi-accidents sont ~1000 fois plus fréquents que les vrais accidents, mais similaires dans leurs mécanismes. Leur étude prédit et prévient les accidents sans attendre les drames.
Pour ses recherches sur la sécurité routière via l'analyse vidéo, Tim De Ceunynck (Traffic Science, Hasselt University) a été nominé pour la Flemish PhD Cup 2018. Vous pouvez voter ICI.