À Ede, aux Pays-Bas, le Conseil des eaux Vallei en Veluwe récupère le papier hygiénique des eaux usées pour filtrer les résidus de médicaments. La première usine pilote, opérationnelle depuis 2019, valide ce procédé innovant pour une application à grande échelle.
Le papier hygiénique, souvent considéré comme un déchet banal, trouve une nouvelle vocation chez le Conseil des eaux Vallei en Veluwe à Ede. Il est extrait des eaux usées pour éliminer les résidus pharmaceutiques. « En tant qu'office des eaux, nous priorisons la purification et les solutions circulaires », explique Erik van den Berg, conseiller politique. « Recycler le papier toilette s'inscrit parfaitement dans cette démarche. »
Pour réutiliser le papier, il faut d'abord le séparer de l'eau via un tamis fin, le sécher, puis le presser en pâte de cellulose. « Cela provient principalement de papier hygiénique, mais aussi de résidus de tonte ou de vieux papier », précise Van den Berg.
La pâte subit ensuite une pyrolyse, combustion sans oxygène, produisant gaz de synthèse, pétrole, acides, bio-charbon et cendres. Le gaz et le pétrole alimentent l'installation, les acides aident à la dénitrification (élimination des nitrates). Le bio-charbon est la star du procédé.
Le bio-charbon est activé par vapeur chaude, créant des micropores qui capturent les résidus médicamenteux, comme dans les pilules Norit contre la diarrhée. « Nos tests confirment son efficacité », assure Van den Berg.
Les stations d'épuration éliminent déjà 65 % des résidus via des filtres classiques. Le charbon actif biosourcé d'Ede optimise cela de manière circulaire. « Les essais détermineront sa contribution exacte, mais chaque progrès compte », ajoute-t-il.
Soutenue par une subvention Interreg européenne, l'usine pilote collabore avec CIRTEC et Pulsed Heat/Setiva. Elle traite un tiers des eaux usées d'Ede (10 000 m³/jour). « Nous gérons l'eau, eux l'installation », explique Van den Berg.
L'objectif : étendre à toute l'eau, voire aux Pays-Bas. Des défis persistent, comme l'optimisation du mélange charbon-eau pour une capture maximale. Cette technique ne cible pas tous les résidus, mais Ede, hotspot national, bénéficie d'un impact significatif.