Les eaux usées peuvent-elles contenir assez de particules virales pour infecter les humains ? La vérité est que les connaissances actuelles restent limitées sur ce sujet.
Une collaboration internationale impliquant 35 chercheurs évalue, dans Nature Sustainability (2020), les études récentes sur les coronavirus dans les eaux usées. Ils soulignent que ces eaux pourraient propager l'infection via de fines gouttelettes aéroportées. De plus, les eaux usées traitées réutilisées pour alimenter lacs et rivières récréatifs pourraient devenir des sources de contamination.
Les eaux usées contaminées par des particules virales représentent une menace sérieuse, affirment les chercheurs. Leur équipe a analysé des études sur les coronavirus, dont le SRAS et le MERS, ainsi que d'autres maladies aériennes, pour identifier les risques potentiels. Des recherches supplémentaires s'imposent urgemment pour évaluer la persistance du virus dans les plans d'eau.
Pour éliminer les coronavirus, les stations d'épuration pourraient renforcer leurs protocoles avec des membranes de micro- et ultrafiltration, suggèrent les experts. Par ailleurs, la surveillance des eaux usées permet déjà de détecter précocement les épidémies de Covid-19 dans plusieurs pays. Le virus apparaît souvent dans les selles avant les symptômes comme la fièvre ou la toux.
Le microbiologiste Gertjan Medema (institut KWR) : « Comme l'indique l'article, la transmission du SRAS-CoV-2 via des gouttelettes d'eaux usées dépend de la concentration et de l'infectiosité virale. Les auteurs estiment ces niveaux suffisants pour une contamination, mais je ne partage pas cet avis. Des études italiennes et allemandes n'ont détecté aucun SRAS-CoV-2 infectieux dans les eaux usées, ni souvent dans les fèces. Aucune épidémiologie ne signale de transmission par ce biais dans aucun pays. »
L'expert en traitement des eaux et microbiologie Gosse Schraa (Université de Wageningen) : « Face au manque de données, il faut interpréter les résultats avec prudence. Les concentrations virales sont estimées, sans savoir quelle part est infectieuse, ni la dose minimale causant une infection hydrique. Je rejoins les auteurs : plus de recherches sont nécessaires. »
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