L'art et la science, deux domaines a priori distincts, peuvent-ils converger en une création innovante ? Lorsque artistes et scientifiques collaborent, le chaos créatif laisse place à des résultats fascinants. Découvrez cette expérience unique.
Durant l'année académique écoulée, le projet pilote PiLoT1 a réuni des étudiants de l'Académie des beaux-arts de Louvain (SLAC) et des chercheurs de la KU Leuven, sous la coordination d'un expert STEM de l'université. STEM désigne les sciences, technologies, ingénierie et mathématiques. Bien que ces disciplines favorisent des projets intégrés inspirants, leur promotion exclusive peut minimiser l'importance des sciences humaines et des arts, pourtant essentiels à la formation des jeunes.
Pour y remédier, le concept STEAM intègre les Arts (A pour Arts), bâtissant un pont entre créativité artistique et rigueur scientifique. Les ingénieurs et architectes intègrent l'esthétique dans leurs designs, tandis que les mathémathiques révèlent une beauté intrinsèque. Les artistes, eux, innovent avec des matériaux comme le Vantablack d'Anish Kapoor, le noir le plus profond au monde à base de nanotubes de carbone. Certains explorent aussi les impacts sociétaux des avancées STEM.
STEAM, avec le A pour Arts, comble le fossé entre arts et sciences.
Physicien expérimenté, j'ai participé à PiLoT1 en collaborant avec Shuktara Momtaz, architecte bangladaise formée en Belgique et peintre passionnée. Notre objectif : nous inspirer mutuellement pour une exposition finale sur le thème "Chaos".
Pour moi, le chaos démontre comment des systèmes déterministes simples génèrent une complexité imprévisible. Shuktara, elle, l'associe à des défis personnels : "Malgré le chaos autour de moi, je vis bien." Femme immigrée, elle affronte la discrimination mais persévère pour ses filles.
Nous avons conçu une fractale itérative : le tapis de Sierpiński, où un carré perd successivement son centre. Shuktara a proposé un cube. Au FabLab, j'ai découpé les faces à la découpeuse laser CO2 pilotée par ordinateur. (Lisez plus de détails sur la fractale et l'aventure FabLab ici.)
Ordonnées en apparence, ces faces cachent un lien profond avec le chaos : les fractales sont des attracteurs étranges des systèmes chaotiques.

Shuktara a peint l'intérieur en bleus acryliques, symbolisant l'intériorité préservée face à un extérieur catégorisé (peau, genre). La discrimination, indépendante de l'échelle, évoque les fractales : des ombres individuelles aux exclusions systémiques.
La boxe gère le chaos à court terme, mais STEAM promeut une vision ouverte, transcendant les disciplines. Les échanges interdisciplinaires, comme dans PiLoT1, en sont la clé.
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