Les files d'attente aux toilettes des femmes sont systématiquement plus longues que celles des hommes. Les chercheurs Kurt Van Hautegem et Wouter Rogiest de l'UGent démontrent, grâce à des modèles mathématiques inspirés des festivals, comment éliminer cette inégalité, avec des réductions d'embouteillages allant jusqu'à 63 %.
L'été rime avec festivals ensoleillés et verres à la main. L'hydratation est clé, jusqu'à ce que la nature appelle. Pour les hommes, c'est rapide : peu ou pas de file. Pour les femmes, les attentes sont souvent interminables. Ce phénomène touche cinémas, théâtres, aéroports... Un complot sanitaire contre les femmes ?
Ce problème est universellement reconnu. Recherchez "potty parity" pour des exemples mondiaux. En 2012, à Guangzhou (Chine), des femmes ont occupé des toilettes publiques pour exiger plus de cabines. Plus près, Bashar Baharak de Plasactie a obtenu des toilettes gratuites pour femmes aux Gentse Feesten après des années de combat. Pourtant, la quête reste ardue.

Les files d'attente sont des systèmes non linéaires complexes : de petites variations de paramètres entraînent de grands écarts de temps d'attente. Contrairement aux systèmes linéaires, les non linéaires – comme les embouteillages ou les pandémies – amplifient les effets. Les solutions pour les femmes manquent souvent d'approche mathématique.

Les espaces égaux pour hommes et femmes aboutissent à 20-30 % de toilettes en plus pour les hommes (urinoirs + cabines). Le modèle Erlang-C quantifie cela : λ (arrivées/min), μ (1/temps moyen aux toilettes), t (nombre de toilettes).

Découvertes par Erlang il y a 100 ans, ces formules sont la référence pour les centres d'appels. Appliquées aux toilettes : ajouter une cabine réduit drastiquement les attentes.

De 11 à 10 toilettes (-9 %), l'attente moyenne bondit de 172 %. Même une seule cabine de moins fait une énorme différence.
Les femmes passent 1,5 à 2 fois plus de temps aux toilettes (portes, sièges sales, vêtements). Avec 10 toilettes chacun, 1 min pour hommes vs 1 min 30 s pour femmes : attente hommes 1,5 s, femmes 1 min (x40).
Les femmes passent 1,5 à 2 fois plus de temps aux toilettes, selon des études scientifiques.
En charge lourde (ρ ≥ 1), les files explosent pour les femmes. Simulations informatiques modélisent cela.
Six layouts testés : hommes 1 min, femmes 1 min 30 s. Arrivées : calme (10 s), pic 15 min (5 s), calme.

Layout 1 (base : F10/H12) : attente moyenne F 6 min 19 s, H 11 s.


Pour égalité : +8 cabines femmes (Layout 2 : F13/H8). Ratio optimal : 1,5-2 toilettes F par H.

Minimal global : Layout 3 (F12/H10).

Festivals comme Rock Werchter optent pour mixtes : cabines partagées + urinoirs H. Layout 4 (cabines mixtes) : 1 min 29 s moyen.

Gender neutral (Layout 5 : 20 cabines) : égalité parfaite, 2 min 10 s.

Optimal : Layout 6 (14 cabines + 8 urinoirs) : 1 min 12 s (-63 % vs base), avantage H minime.

Meilleure solution : supprimer toilettes femmes au profit de mixtes (2 cabines/urinoir). Égalité totale sans urinoirs. Séparés : optimiser ratio.
Rock Werchter (Layout 6), Best Kept Secret, Coldplay... Proche de l'optimal. Bureaux flamands : 120 mixtes transformés. Bâtiment Teirlinck : blocs neutres.

L'usage mixte est historique (cf. "L'événement latrinaire", 1993). Pression pour plus de mixtes.
Mais Flandre/Pays-Bas restent archaïques. Partagez #festivaltoiletten (bons), #indezeik (mauvais). Hydratez-vous !
Wouter et Kurt à Radio 1 avec Lieven Vandenhaute. Écoutez via le player.