Le COVID-19 affectant principalement les poumons, de nombreux patients nécessitent une ventilation mécanique. La Belgique dispose-t-elle suffisamment de respirateurs ? Quelles solutions alternatives émergent ? Chercheurs et entreprises s'unissent pour anticiper la crise.
Actuellement, les hôpitaux belges ont assez de ventilateurs pour répondre aux besoins. Mais la prudence est de mise. « Il n'est pas garanti que nous en ayons suffisamment lors du pic épidémique en Belgique », explique Sylvia Wenmackers, coprésidente de la Young Academy, association de jeunes chercheurs et artistes flamands. « À l'initiative du coprésident Vincent Ginis, nous avons lancé un projet préparatoire en collaboration avec plusieurs entreprises. »
« Espérons qu'il s'avère que notre travail était superflu. » Sylvia Wenmackers, coprésidente de la Young Academy
Chez Agoria notamment, les efforts se concentrent sur les masques et équipements de protection. « Notre initiative anticipe les besoins futurs, tant qu'il reste du temps pour se préparer », ajoute Wenmackers.
La Young Academy explore trois pistes alternatives avec des partenaires industriels.
À la Vrije Universiteit Brussel (VUB), l'équipe du FabLab Brussels construit et teste un ventilateur simple, adapté d'un design du MIT aux besoins des patients COVID-19. Un prototype a été réalisé en quelques jours.
« La rapidité prime », souligne Mark Runacres, chercheur principal. « Les soignants n'ont pas le temps pour des échanges théoriques. Nous avons priorisé la construction : un prototype fonctionnel permet des décisions rapides sur son utilisation hospitalière. »
Si validé, les plans seront publiés pour replication et amélioration par d'autres labs, avec soutien industriel.

MedeC International, unique PME belge concevant et exportant des ventilateurs, augmente sa production nationale. Elle l'a déjà doublée et vise plus. « Nous produirons un maximum d'unités vitales en cette crise », déclare Kristof Braem, dirigeant. « Nos équipes restent mobilisées. »
Malgré l'autonomie en assemblage, les défis persistent : « Nous coordonnons fournisseurs pour pièces et livraisons accélérées. Sans composants, la production s'arrête vite. »
À l'hôpital Sint-Dimpna de Geel, les intensivistes étudient un « split ventilator » pour urgences extrêmes. « Théorique et non testé cliniquement, nous ne l'envisageons qu'en dernier recours », précise le Dr Matthias Mergeay.
« Nous n'utiliserons ce plan que si la crise nous y force absolument. » Dr Matthias Mergeay, médecin réanimateur à l'hôpital Sint-Dimpna
Inspiré d'une pratique US post-fusillade, le concept limite les patients similaires. L'équipe belge ajoute des robinets pour réguler flux, pression et volume, adaptant à divers profils.
Dans cette vidéo, le Dr Mergeay explique le montage :