À qui profitent réellement les couches jetables dans les pays tropicaux ?

Qui profite réellement des couches jetables dans les pays tropicaux ?
Les fabricants mettent en avant deux arguments principaux : l'hygiène et le gain de temps. Selon eux, les couches lavables traditionnelles, comme les vieux chiffons, sont peu pratiques et insalubres, surtout dans les régions pauvres où l'eau potable est rare.
De plus, laver ces couches à chaque changement serait chronophage. Les promoteurs des jetables affirment ainsi que ces produits libèrent du temps pour les mères actives ou en recherche d'emploi, positionnant la couche jetable comme un outil d'émancipation féminine.
Ce discours séduit particulièrement les classes moyennes urbaines, où les marques comme Pampers sont omniprésentes. Cependant, des inconvénients existent : les couches jetables peuvent créer une surchauffe autour des fessiers des bébés, favorisant irritations cutanées et éruptions. Des études suggèrent même un impact potentiel sur la fertilité future des garçons.
L'ancienne médecin tropicale Fia Rijneke, experte du terrain, tempère : « Les mères salariées s'adaptent sans problème. Souvent, c'est la grand-mère qui garde le bébé. »
Les experts des régions tropicales ne perçoivent pas un besoin hygiénique urgent pour les couches jetables. Elles peuvent être utiles la nuit, mais en journée, les enfants circulent souvent sans couche, les fesses à l'air. Le sevrage précoce au pot est courant, limitant le port de couches. Ainsi, le risque d'irritations cutanées reste modéré.
Ce projet de l'Eos Magazine a été réalisé avec le soutien du Fonds Pascal Decroos pour le journalisme spécialisé.
