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Fonctionnement de la MOAB (GBU-43/B) : la plus puissante bombe non-nucléaire larguée par les États-Unis en Afghanistan

Le spectaculaire champignon de la bombe de 11 tonnes visait à envoyer un message fort.

Fonctionnement de la MOAB (GBU-43/B) : la plus puissante bombe non-nucléaire larguée par les États-Unis en Afghanistan

Larguer une bombe sur des grottes souterraines abritant des rebelles peut sembler contre-intuitif, même s'il s'agit de la plus massive non-nucléaire jamais déployée par les États-Unis. La GBU-43/B, dite MOAB (« Massive Ordnance Air Blast » ou « mère de toutes les bombes »), a été utilisée contre des positions de l'État islamique en Afghanistan en avril 2017. Elle n'a pas touché le sol : son énorme onde de pression a balayé la zone, anéantissant potentiellement tout sur son passage. Ce geste de l'administration Trump signalait une volonté d'employer toute sa puissance militaire.

Contrairement aux bombes perforantes, la MOAB est équipée d'un fusible de proximité qui déclenche l'explosion à une altitude précise, entre 15 et 305 mètres selon Edward Priest, ancien membre de l'US Air Force. « La bombe disperse alors un nuage de carburant atomisé dans l'air, suivi d'une seconde explosion qui l'enflamme », explique-t-il.

Cette bombe à effet de souffle produit une onde de pression massive plutôt qu'une explosion classique. « Elle peut déraciner des arbres, pulvériser des structures et causer des blessures internes graves, comme faire exploser les poumons sous la pression », ajoute Priest. Efficace contre les occupants de grottes, elle neutralise les équipages sans détruire les blindés.

Les États-Unis avaient déjà employé des bombes à effet de souffle en Afghanistan après le 11 septembre, comme les BLU-82 (« daisy cutters ») lors des combats à Tora Bora contre les Talibans et Al-Qaïda. La MOAB, plus avancée, est toutefois délicate à utiliser en raison de son rayon d'action : A.J. Clark, ancien militaire et PDG de Thermopylae Science + Technology, note qu'elle est réservée aux zones sans troupes alliées ou civils.

Ce déploiement semble autant politique que tactique. « C'est une démonstration de force, visible à des kilomètres grâce à son champignon emblématique », commente Priest. Clark renchérit : « Son impact est avant tout psychologique. » Face à des grottes trop profondes pour les bombes bunker-busters, la MOAB marque un tournant dans l'engagement américain.

Source : Scientific American

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