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Les applications de sommeil peuvent-elles vraiment mesurer la qualité de votre repos ?

Les applications de sommeil promettent un aperçu précis de votre nuit et affirment même vous aider à mieux dormir en six semaines. Est-ce fiable ?

Cette vérification des faits a été réalisée par des étudiants en journalisme de la KU Leuven en collaboration avec les rédacteurs d'Eos. Elle est également publiée sur la plateforme factcheck.vlaanderen.

Les applications de sommeil se multiplient. Elles sont recommandées, notamment par le DigitalCare Guide, site web de la Fédération néerlandaise des patients. L'été dernier, ce site a publié un article intitulé « Problèmes de sommeil ? Essayez une application de sommeil ! ». Il cite une étude montrant que les patients peuvent réduire leurs médicaments grâce à ces apps.

Fin 2022, le magazine en ligne néerlandais Bedrock, dédié au bien-être, a vanté l'application Sleepio pour améliorer le sommeil en six semaines.

Dormir, c'est rester immobile

La plupart de ces applications évaluent le sommeil en suivant vos mouvements nocturnes via le microphone du smartphone, qui capte les sons ambiants. Une montre connectée affine les résultats en détectant directement les mouvements.

« Il y a peu de recherches scientifiques derrière une telle application. » Johan Verbraecken, expert en sommeil (UZ Anvers)

Le mouvement signale un sommeil agité ou un éveil, tandis que l'immobilité est interprétée comme un sommeil profond.

« Toutes les applications ne se basent pas sur le mouvement », précise Johan Verbraecken (UZ Anvers). « Certaines détectent le ronflement, d'autres prétendent mesurer l'apnée du sommeil (halètements temporaires pendant le sommeil). »

Confus par la pluie

Verbraecken a comparé ces apps à une analyse en centre du sommeil. « Une app basée sur la détection de mouvement ne rivalise pas avec une polysomnographie mesurant l'activité cérébrale. Elles sont populaires car attractives et donnent un sentiment de contrôle. Mais scientifiquement, les preuves manquent. »

Pour le ronflement, les apps performent mieux, mais il faut contextualiser : définition du ronflement, seuil en décibels, et bruits parasites (partenaire, pluie). Elles reconnaissent le son sans en identifier la source.

Les mesures d'apnée sont peu fiables : « C'est le chaos. La moitié n'en détecte aucune, d'autres surestiment. » Les phases de sommeil (léger, profond, paradoxal) sont aussi mal distinguées : une phase légère peut être prise pour un éveil.

Progrès en vue

Une étude de Sleep Medicine Reviews, menée par des chercheurs du Rush University Medical Center (Chicago), confirme ces limites. Les apps progressent mais restent imprécises pour détecter anomalies ou changements. Les auteurs préconisent une collaboration entre développeurs et experts du sommeil.

Conclusion

Les applications de sommeil actuelles ne mesurent pas fidèlement votre rythme : elles ignorent les phases précises et l'activité cérébrale.

Source : Kelly Glazer Baron, Rush University Medical Center, dans Sleep Medicine Reviews.

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