Les feuilles de mes oignons et échalotes vrillent, jaunissent, et certains bulbes noircissent et pourrissent. Que faire ?
Ce symptôme caractéristique révèle une attaque de nématodes, connue sous le nom de maladie vermiculaire de l'oignon. Appelée communément anguillule des tiges et bulbes, ou scientifiquement Ditylenchus dipsaci, cette minuscule larve transparente parasite les plantes, déformant tiges et feuilles, puis craquelant les bulbes. Ravageur courant et redoutable, elle cause souvent la mort des végétaux infectés.
Polyphage, Ditylenchus dipsaci – aussi nommé anguillule des feuilles de narcisse ou nématode des tiges de phlox – touche plus de 400 plantes en France (1 200 en Europe). Parmi les plus affectées dans nos potagers : oignons (Allium cepa), échalotes (Allium ascalonicum), poireaux (Allium porrum), fraisiers (Fragaria vesca), pommes de terre (Solanum tuberosum), haricots (Phaseolus vulgaris), petits pois (Pisum sativum), choux (Brassica oleracea), céleri (Apium graveolens), navets (Brassica napus), ciboulette (Allium schoenoprasum) et betteraves rouges (Beta vulgaris).
Dans les cultures extensives, il frappe féveroles (Vicia faba), luzernes (Medicago sativa), trèfles (Trifolium pratense), avoines (Avena sativa), seigles (Secale cereale), maïs (Zea mays), tabac (Nicotiana tabacum), moutardes (Sinapis alba), chanvre (Cannabis sativa), houblon (Humulus lupulus). Il infeste aussi des adventices comme le lamier pourpre (Lamium purpureum), l'ortie blanche (Lamium album), la renoncule des champs (Ranunculus arvensis), le liseron des champs (Convolvulus arvensis) et la folle avoine (Avena fatua).
Phlox annuels (Phlox drummondii) et vivaces (Phlox paniculata) sont particulièrement sensibles : tiges gonflées et fissurées à la base, feuilles étroites et mal développées. Attaques fréquentes aussi sur œillets (Dianthus spp.), jacinthes (Hyacinthus orientalis), narcisses (Narcissus spp.), tulipes (Tulipa spp.) et certaines hortensias (Hydrangea).
Ditylenchus dipsaci, unique nématode endoparasite des parties aériennes (tiges, feuilles, gousses, graines), pénètre par les stomates et se nourrit du parenchyme. Sédentaire, la femelle y pond 200 à 500 œufs. Les cycles se déroulent à l'intérieur de l'hôte. À sa mort, les nématodes migrent dans le sol, y survivant 8 à 10 ans en latence.
À 15-20 °C, par temps humide (pluie, rosée, arrosage), larves et adultes remontent, glissent dans l'eau de surface et pénètrent à la base des tiges ou dans les écailles des bulbes, créant des lésions brun-rouge. En fin de saison, dépôts cotonneux de millions de nématodes en diapause.
Plantes naines et torsadées : tiges épaissies en spirale, feuilles cloquées, décolorées, nécrosées et cassantes. Collet ramolli, décollement aisé. Sur bulbes, texture molle favorisant pourritures secondaires. Plus grave en sols lourds.
Identifiez vite : symptômes isolés = semences ; généraux = sol infesté. Utilisez semences certifiées. Trempage à 45 °C pendant 15 min réduit les risques. Évitez graines sombres, petites ou tachées.
Détruisez et incinérez les plantes dès les premiers signes. Nettoyez outils. Évitez plantations serrées. Rotation 3 ans minimum avec non-hôtes (laitue, épinard, cucurbitacées).
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