Le vison d'Europe lutte pour sa survie. La destruction de son habitat et l'arrivée d'une espèce envahissante ont décimé ses populations. Deux îles estoniennes de la mer Baltique pourraient lui offrir un refuge.
Autrefois répandu en Europe, de l'Oural à l'Espagne en passant par la Finlande et le Caucase – et peut-être la Belgique –, le vison d'Europe a vu sa population chuter de plus de 90 % depuis le début du XXe siècle. Il est aujourd'hui le prédateur le plus menacé du continent.
Plusieurs facteurs expliquent ce déclin tragique, principalement imputables à l'homme : drainage des zones humides, canalisation des rivières et chasse intensive pour sa fourrure.
Le coup de grâce est venu avec l'introduction du vison américain, plus grand et agressif, importé pour la même raison. Cette espèce invasive relègue le vison européen dans des habitats de moindre qualité, réduisant sa nourriture et sa capacité de reproduction.
« Si nous, en tant qu'êtres humains, ne changeons pas et ne prenons pas à cœur la protection de l'environnement, notre travail ici aura été inutile. » Tiit Maran, biologiste
Les écologistes protègent les habitats résiduels contre les intrus. En Espagne, un groupe gouvernemental capture les visons américains : « Nous en avons piégé 300 en un an et demi », indique Madis Põdra, biologiste impliqué.
Ces mesures suffisent-elles ? En Estonie, des scientifiques réintroduisent l'espèce via un programme d'élevage. Sur l'île de Hiiumaa, protégée naturellement, la population oscille entre 160-250 individus à l'automne et une centaine l'hiver.
Ce printemps, des lâchers sont prévus sur une seconde île, Saaremaa. « Mieux vaut répartir ses œufs dans plusieurs paniers », explique Tiit Maran. « Ainsi, nous sécurisons mieux l'avenir des animaux. Encore une fois : si nous ne changeons pas nos habitudes vis-à-vis de l'environnement, nos efforts seront vains. »
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