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Quels sont les vrais critères de durabilité d'un éco-resort ?

Partir en vacances peut-il réellement protéger l'environnement, ou du moins minimiser les impacts négatifs ? Vos séjours pourraient-ils allier confort luxueux et respect de la planète ? Comme pour de nombreux produits "durables" haut de gamme, si cela semble trop beau pour être vrai, c'est souvent le cas.

Les éco-resorts se définissent par leur engagement vers une neutralité carbone et la préservation de leur environnement. Le terme "resort" évoque le luxe, et beaucoup prétendent l'offrir de manière durable. Ces établissements se multiplient avec la prise de conscience écologique. Des chaînes comme Hilton Worldwide annoncent des initiatives : adoption accélérée des énergies renouvelables, réduction des plastiques à usage unique et tests de machines à laver plus efficaces. Cependant, des changements rapides ne suffisent pas à garantir un impact environnemental nul.

Contrairement à un hôtel classique, les éco-resorts proposent une hospitalité haut de gamme dans des zones reculées, souvent près de terres protégées. Par exemple, le Cala Luna Boutique Hotel & Villas au Costa Rica est situé dans une réserve pour tortues marines et abrite l'une des plus grandes centrales solaires d'Amérique centrale depuis 2019. Secret Bay à la Dominique est le premier établissement des Caraïbes certifié Green Globe, avec plus de 100 indicateurs de durabilité, incluant la protection des sites culturels et une architecture éco-responsable. Pour les amoureux de la nature, ces lieux offrent détente et contribution à la préservation locale tout en explorant des destinations exotiques.

"Une entreprise d'écotourisme doit viser non seulement la viabilité financière, mais aussi environnementale et socioculturelle", explique Lorri Krebs, professeure de géographie et durabilité à la Salem State University. Au minimum, un éco-resort doit être neutre en carbone, c'est-à-dire sans émissions nettes des bâtiments et opérations.

Au-delà des pratiques internes comme la réduction du plastique ou de l'eau, un éco-resort doit s'engager dans sa communauté, selon Krebs. Il devrait éduquer résidents et personnel au compostage, recyclage et autres gestes durables. Les vrais éco-resorts s'intègrent au territoire en améliorant la vie locale. Cette éducation transmet des habitudes aux voyageurs, applicables chez eux après les vacances.

Pour choisir, vérifiez les certifications. Parmi 8 000 labels, certains comme ceux de la Green Hotels Association se limitent à une cotisation, selon Outside Magazine. Il faut évaluer la crédibilité des resorts et des certifications.

Le Global Sustainable Tourism Council (GSTC) est une référence fiable. Il accrédite des organismes comme Bureau Veritas, Control Union et Vireo Srl. Leurs critères évaluent la gestion durable, les impacts socio-économiques et culturels, la consommation énergétique et la conservation.

Une réalité : les voyages vers des éco-resorts génèrent souvent des émissions carbone élevées. Le transport touristique représentait 5 % des émissions humaines en 2016 et atteindra 5,3 % en 2030 (ONU). Même un resort neutre ne compense pas un vol long-courrier : un aller-retour San Francisco-New York émet 1,5 tonne de CO2 par passager, équivalent à plus d'un an pour un régime végan. Certains éco-resorts, comme Secret Bay, proposent des navettes électriques groupées. Pour minimiser, optez pour des destinations accessibles en train, comme Little St. Simons Island en Géorgie, protégée par The Nature Conservancy.

Luxe et durabilité sont compatibles, mais une recherche approfondie, incluant les émissions externes, est essentielle pour des vacances vraiment écoresponsables.


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