Les terres agricoles intensivement travaillées sont difficiles à reconvertir en espaces naturels précieux. Heureusement, une solution rapide existe : la greffe de sol.

Les terres agricoles intensivement travaillées résistent à la reconversion en zones naturelles riches. La greffe de sol offre une cure de jouvence express.
Une fine couche de sol provenant d'une réserve naturelle suffit à restaurer la biodiversité après des années d'agriculture intensive. Des chercheurs de l'Institut néerlandais d'écologie (NIOO) le démontrent dans la revue Nature.
La greffe de sol consiste à transplanter une mince couche de sol d'une réserve naturelle vers une terre agricole dégradée. Contrairement aux méthodes passées utilisant d'épaisses plaques de terre, une couche de moins d'un centimètre est efficace. Jasper Wubs, chercheur au NIOO, explique : « C'est une version allégée et hautement performante de la greffe de sol. »
Les insectes et la vie du sol au cœur du succès
Outre les graines et racines transportées, la magie opère grâce à la vie microbienne et animale du sol : bactéries, champignons et petits invertébrés.
« La greffe réussit même sans graines, grâce à ces organismes du sol », précise l'étude. De plus, la communauté microbienne détermine le type de végétation qui se développe. Testée sur landes et prairies, la méthode oriente précisément la restauration : sol de lande pour une lande, sol de prairie pour une prairie. Wubs s'enthousiasme : « Grâce aux bons organismes du sol, nous contrôlons le développement naturel avec une précision inédite. »
L'Union européenne vise à restaurer 15 % des écosystèmes dégradés d'ici 2030. La greffe de sol légère est une approche pratique et accélérée pour atteindre cet objectif.