Les plants de courgettes inoculés de bactéries endophytes purifient efficacement le DDE, metabolite toxique du DDT, présent dans les sols.

Une découverte prometteuse de l'Université de Hasselt : des courgettes modifiées éliminent jusqu'à trois fois plus de DDE par an.
Autrefois largement utilisé en Belgique, le DDT a été interdit en 1974 en raison de sa toxicité. Son dérivé, le DDE, persiste encore dans de nombreux champs et jardins, affectant le système nerveux des humains et des animaux. Il est impératif d'éliminer cette substance des sols le plus vite possible.
Dans le cadre de sa thèse de doctorat, Nele Eevers, chercheuse au Centre des sciences de l'environnement de l'Université de Hasselt, a exploré l'utilisation de plants de courgettes pour assainir les sols contaminés. "Ces plantes absorbent déjà de grandes quantités de DDE", explique-t-elle. "Nous avons testé si des bactéries endophytes pouvaient optimiser ce processus."
Avantages pour le sol et les plantes
Les bactéries endophytes, vivant à l'intérieur des plantes, favorisent leur croissance et la décomposition des polluants, à l'image des probiotiques dans notre intestin. "Avec les bonnes souches, les courgettes décomposent le DDE tout en croissant plus vite, accélérant ainsi la décontamination", précise Nele Eevers.
Une analyse ADN a permis d'identifier trois bactéries endophytes idéales, inoculées sur des plants de courgettes pour les essais.
L'équipe s'est rendue à la station expérimentale de New Haven (Connecticut, États-Unis), sur un champ contaminé au DDE. Les résultats sont éloquents : "Les plants inoculés ont extrait jusqu'à trois fois plus de DDE. Nous passons de 2 % à 6 % de dépollution annuelle", se félicite la chercheuse.
Perspectives d'avenir
L'équipe étudie désormais l'efficacité de ces bactéries contre d'autres résidus de pesticides, seules ou combinées à d'autres plantes et micro-organismes. Cette approche phytoremédiatrice marque une avancée majeure pour la dépollution des terres agricoles et horticoles.
Nele Eevers a obtenu son doctorat pour cette recherche au Centre des sciences de l'environnement de l'Université de Hasselt.