Les principales causes de mortalité mondiale incluent les maladies cardiaques, le cancer, le COVID-19 et, de manière alarmante, la pollution. Une nouvelle recherche publiée dans The Lancet révèle que, depuis 2019, 9 millions de personnes meurent chaque année de causes liées à la pollution.
« La pollution reste la plus grande menace existentielle pour la santé humaine et planétaire, compromettant la durabilité des sociétés modernes. Sa prévention peut également freiner le changement climatique, offrant un double bénéfice pour la santé planétaire. Notre rapport appelle à une transition massive et rapide des combustibles fossiles vers des énergies propres et renouvelables », déclare Philip Landrigan, co-auteur et directeur du Global Public Health Program et du Global Pollution Observatory au Boston College, dans un communiqué.
Ces chiffres indiquent qu'un décès sur six dans le monde est attribuable à la pollution, en faisant le principal facteur de risque environnemental pour les maladies et les morts prématurées. Cela frappe particulièrement les pays à revenu faible ou intermédiaire, où la contamination de l'air et de l'eau est la plus néfaste.
« La pollution est souvent vue comme un problème local à traiter par des réglementations nationales ou régionales, surtout dans les pays riches », explique Rachael Kupka, co-auteure et directrice exécutive de l'Alliance mondiale sur la santé et la pollution. « Mais elle constitue une menace planétaire dont les causes, la dispersion et les impacts sanitaires transcendent les frontières. Une action mondiale contre les principaux polluants modernes est impérative. »
Le rapport détaille les décès par type de pollution. Les plus graves proviennent des polluants « modernes », en hausse de 7 % depuis 2015 et de 66 % depuis 2000, malgré les efforts de réduction, en raison de l'urbanisation et de l'industrialisation.
Ces polluants incluent les particules fines et l'ozone dans l'air extérieur, les cancérogènes, les expositions professionnelles et le plomb, causant 5,84 millions de décès annuels. Ils sont liés aux métaux lourds, agrochimiques et combustibles fossiles, note Kupka auprès de Reuters. Les décès dus aux produits chimiques manufacturés pourraient être sous-estimés faute de tests de sécurité.
Si certaines grandes villes limitent ces risques, les petites cités en croissance rapide restent vulnérables.
Les décès liés aux pollutions « traditionnelles » (air intérieur domestique, eau insalubre due à un assainissement défaillant ou sources contaminées) diminuent depuis 2000, notamment en Afrique. Ils persistent toutefois par centaines de milliers au Tchad, en République centrafricaine et au Niger.
Le rapport propose des solutions : prioriser la pollution dans les agendas de santé publique (souvent reléguée à des départements environnementaux sous-financés), et instaurer des systèmes de surveillance et de contrôle.
« Les impacts sanitaires de la pollution demeurent énormes, pesant lourdement sur les pays à revenu faible et intermédiaire », souligne Richard Fuller, auteur principal et président du conseil de l'Alliance mondiale sur la santé et la pollution. « Malgré ses conséquences sur santé, société et économie, sa prévention est négligée dans les programmes de développement international. »
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