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Préoccupé par l'environnement ? Évitez les croisières pour l'instant

Les restrictions liées au COVID-19 ne freinent plus les vacanciers : les voyages explosent cet été chez les Américains et ailleurs. Les croisières connaissent un regain d'intérêt, avec des records de ventes pour Carnival Cruise Line et d'autres majors. Mais au-delà des risques sanitaires, ces navires géants ont un impact climatique majeur.

Les paquebots de croisière, parmi les plus imposants au monde, s'étendent souvent sur trois terrains de football. Équipés de piscines, patinoires et terrains de basket, ils consomment jusqu'à 250 tonnes de carburant par jour. Des études montrent qu'un tel navire émet autant de CO2 que 12 000 voitures. De plus, leur régulation reste laxiste.

Même sans COVID, cette consommation génère une pollution atmosphérique nocive. Les chercheurs ont relevé une qualité d'air sur ces navires comparable à celle des villes les plus polluées.

Mark Jacobson, professeur de génie civil et environnemental à l'université de Stanford, explique à Popular Science : « Les croisières brûlent du fioul lourd, le carburant le plus polluant, riche en carbone noir, sulfates et autres chimies. Le carbone noir est le deuxième facteur de réchauffement climatique après le CO2. »

Ce fioul, résidu visqueux du raffinage pétrolier et chargé en soufre, produit de la suie (carbone noir). Selon l'EPA, elle est liée à des maladies cardiovasculaires, cancers et malformations congénitales. Près des pôles, elle noircit la glace et accélère sa fonte ; elle altère aussi les nuages, favorisant l'évaporation et le réchauffement.

Les particules se déposent via les pluies, polluant les océans, ajoute Jacobson.

Solution ? Une interdiction est envisageable, mais une transition vers des énergies propres est plus réaliste : batteries ou piles à combustible à hydrogène.

Les batteries conviennent aux petits navires pour de courtes distances. Pour les longues traversées, l'hydrogène l'emporte : « Son poids plume évite le cercle vicieux des batteries trop lourdes », précise Jacobson.

Des ferries pionniers : un modèle danois a parcouru 50 milles nautiques sur une charge (moins de 60 m). La Norvège a lancé le plus grand ferry électrique (125 m), et un hybride géant reliera bientôt la Grande-Bretagne à la France. Hurtigruten déploie déjà des croisières hybrides. Convaincre les armateurs d'investir reste la clé.

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