Les athlètes rwandais, stars des cérémonies locales au début du XXe siècle, surpassaient sans effort les records olympiques de saut en hauteur.

Au début du XXe siècle, des Européens de retour du Rwanda rapportaient des sauts en hauteur extraordinaires. Des experts de l'Université de Gand ont analysé des images historiques et confirment : ces sauteurs rwandais dominaient le niveau mondial.
Pour les Rwandais, le saut en hauteur n'était pas un sport compétitif, mais une tradition appelée Gusimbuka Urukiramende, exécutée par les jeunes hommes lors de cérémonies et célébrations locales. Les colons européens, impressionnés, l'ont comparé au saut en hauteur olympique. Ils affirmaient que ces athlètes atteignaient 2,50 mètres, pulvérisant le record mondial de l'époque (1,94 m).
Aucune mesure précise n'avait été faite à l'époque. C'est pourquoi les scientifiques du sport Ine Van Caekenberghe et Dirk De Clercq, de l'Université de Gand, ont réalisé des analyses biomécaniques et cinématiques sur photos et vidéos historiques. Le Pr Dirk De Clercq, qui avait déjà étudié les sauts de la championne olympique Tia Hellebaut, a recalculé ces performances.

Première observation : la technique Gusimbuka Urukiramende était loin d'être optimale comparée aux méthodes occidentales. Les sauteurs couraient perpendiculairement à la barre, atterrissaient pieds nus sur un rocher et passaient par-dessus comme à la haie, contrairement au "ventre roulé" ou au Fosbury Flop.
Malgré cela, les analyses biomécaniques révèlent qu'ils atteignaient des hauteurs équivalentes au sommet mondial, même avec une meilleure répartition de l'impulsion. Les meilleurs se qualifiaient aisément pour les finales olympiques et visaient les médailles. (ks)
