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Découverte d'un antidote potentiel au GHB : le diclofénac bloque son passage vers le cerveau

Le diclofénac et d'autres analgésiques inhibent le transport du GHB vers le cerveau.

L'acide gamma-hydroxybutyrique (GHB) est approuvé pour certaines indications cliniques, comme le traitement de la narcolepsie ou, dans certains pays, de l'alcoolisme. Cependant, les médecins prescrivent ce médicament avec prudence en raison du risque d'abus. Utilisé comme drogue de fête ou dans des contextes de violences sexuelles, le GHB à forte dose provoque pertes de mémoire, somnolence, dépression respiratoire, et peut entraîner un coma. Jusqu'à récemment, aucun antidote n'était connu.

Une étude récente démontre que le diclofénac, un anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS), limite le passage du GHB vers le cerveau chez le rat, réduisant ainsi le risque de surdose mortelle. Publiée dans Biopharmaceutics & Drug Disposition, cette recherche montre que le diclofénac administré après ingestion de GHB diminue ses concentrations et améliore la respiration. Des travaux antérieurs de l'équipe indiquent que l'ibuprofène et le kétoprofène exercent un effet similaire.

Le mécanisme de transport vers le cerveau

Chez le rat, certains analgésiques bloquent l'absorption tissulaire des médicaments en inhibant les transporteurs monocarboxylates (MCT). Ces protéines facilitent le passage de molécules, dont le GHB, à travers la barrière hémato-encéphalique. En inhibant ces transporteurs, moins de GHB atteint le cerveau, atténuant les effets graves d'une surdose.

"Cela pourrait avoir des implications cliniques importantes à l'avenir", estime Harmen Beurmanjer, chercheur spécialisé en addictions au GHB (Novadic-Kentron). Le diclofénac présente un potentiel comme antidote, mais il s'agit encore d'une étude préclinique. Des essais chez l'humain sont nécessaires pour confirmer son efficacité.

Le Pr Arnt Schellekens, professeur d'addictologie et psychiatrie au Radboudumc, tempère : "Les surdoses graves sont rares et rarement mortelles, le coma survenant avant un niveau létal, et l'effet du GHB étant bref. Le timing d'administration du diclofénac pose question : trop tardif après surdose, ou il annulerait l'effet du GHB s'il est préventif. C'est une découverte intéressante, mais des questions demeurent."

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