Plus d'un élève sur dix recourt à des « boosters cérébraux ». Existe-t-il des pilules qui nous rendent plus intelligents ?

Des médicaments, herbes, compléments et aliments fonctionnels améliorent déjà la mémoire et la concentration. Après ingestion, les utilisateurs rapportent un meilleur contrôle des réactions, une attention accrue et un traitement plus efficace des informations. Internet regorge d'offres et de témoignages. L'article le plus lu sur le site de la revue Neuropharmacology n'est pas anodin : « Effets du modafinil sur la cognition non verbale, le plaisir de la tâche et la pensée créative chez des volontaires sains ».
Les médicaments intelligents gagnent en popularité. Plus de 10 % des étudiants y recourraient. Une étude de l'Université de Gand (été 2012) révèle que 12 % des garçons âgés de 8 à 11 ans dans les districts de Courtrai, Roulers et Ypres utilisent la Rilatine (Ritalin), un médicament anti-TDAH qui booste la concentration. À Roulers, elle se vend autant que le Dafalgan. Les médecins de Flandre-Occidentale prescrivent un quart du Ritalin vendu en Flandre, confirmant une étude de la caisse d'assurance maladie mutualiste de 2010.
Barry Everitt, neuroscientifique britannique de renom international, nuance ces chiffres : « Les étudiants les utilisent-ils une fois, pendant les examens ou toute l'année ? Pour étudier ou faire la fête ? Les données manquent de systématicité. Mais ces substances sont courantes chez les chirurgiens, universitaires et journalistes, qui affirment leur efficacité. »
Associés au café
Les smart drugs dépassent Red Bull ou l'huile de poisson. Sous pression sociétale, beaucoup optent pour des « bonbons cérébraux » comme la Ritaline (TDAH), le Modafinil (Modiodal, troubles du sommeil), le Piracetam (spasmes musculaires) ou l'Adderall (TDAH). Ils modulent hormones, neurotransmetteurs et flux sanguin cérébral, optimisant les performances.
« De plus en plus de personnes en bonne santé consomment des améliorateurs cognitifs », confirme Barbara Sahakian, neuropsychologue clinicienne à l'Université de Cambridge, experte en psychopharmacologie et neuroéthique (co-auteure de Bad Moves). « Les femmes multitâches y recourent contre le stress. Bientôt, un café Starbucks avec modafinil ? Les enhanceurs cognitifs sont l'avenir. »
Le modafinil est star : initialement pour apnée du sommeil ou TDAH, il bénéficie aussi aux sains, améliorant concentration, impulsivité et plaisir des tâches (études du labo Sahakian).
Sahakian prévoit des « neuroprotecteurs » d'ici 10 ans contre troubles âgés ou pour tâches spécifiques. « Une pilule idéale serait la jackpot. Le modafinil génère des millions ; pour les pays vieillissants, des économies massives en santé. »
Pourquoi interdire si café et nicotine sont légaux ?
Une étude Nature (1 400 personnes, 60 pays) : 20 % testent smart drugs non médicalement (Ritalin, modafinil). Décisions urgentes : effets sur ados (cerveau immature) et long terme inconnus.
Dans Bad Moves, Sahakian examine les contre-arguments : « Plus de recherches réelles nécessaires. Effets temporaires ? Quels cognitions ? Dépendance ? Effets secondaires gérables via pharmacogénomique. »
Mécanismes chimiques
« Principaux : modafinil, Ritalin, Strattera (TDAH), acétylcholine », dit Everitt. « Pour vigilance ou apprentissage direct. Dopamine up (Ritalin), adrénaline (Strattera). Impacts variés : mémoire (hippocampe), attention (cortex préfrontal). Scanner pour visualiser. Idéal : attention + motivation + plasticité. »
Trop risqué pour Big Pharma
Recherche freinée : coûts élevés, échecs. GSK, Merck, etc., abandonnent psychiatrie/neurologie. Effets secondaires rares bloquent. Historique : barbituriques addictifs, benzodiazépines (1950s), antipsychotiques/antidépresseurs (monoamines, 1960s). Ère génétique stoppée.
Risques émergents
Jan Tytgat (toxicologue, KU Leuven) note hausse des smart drugs. « Psychotropes larges : alcool à dures. Nouvelles via labs secrets/Internet. Alerte européenne aide. »
Classes : cannabinoïdes synthétiques, amphétamines/khat (cathinone), pipérazines, indoliques (DMT-like). Cocaïne mainstream, LSD out, champignons in. Certains utiles médicalement (cannabis, ecstasy Parkinson).
Étude KU Leuven : analyser métabolites de « légaux ». Cerveau : réseau complexe ; miracle pas imminent.
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