Le ministre du Travail, Philippe Muyters (N-VA), réagit à l'utilisation abusive des chèques carrière pour des pratiques qualifiées de charlatanisme.
Des conseils de carrière basés sur la phrénologie (analyse du cuir chevelu) et la physiognomonie (analyse faciale), remboursés par le gouvernement : une enquête publiée par le magazine Eos révèle comment la société TalentTester propose ce type de services pseudo-scientifiques, qualifiés de "charlatanisme" par les experts. Grâce aux chèques carrière, ces conseils peuvent être pris en charge publiquement. Le ministre Philippe Muyters a répondu hier à plusieurs questions parlementaires sur cette affaire. Nous appelons à vos commentaires sur ce sujet.
Le ministre précise que TalentTester n'est pas un centre de carrière agréé en tant que tel, mais agit en tant que "partenaire" d'un centre reconnu. L'article d'Eos ne prétend pas que TalentTester est agréé directement, mais que les chèques carrière y sont acceptés. Interrogé sur ce point, le VDAB a expliqué lors de l'enquête : « En principe, c'est autorisé. Nous considérons cela comme de la sous-traitance. Le centre de carrière doit démontrer l'existence d'un contrat. La sous-traitance doit respecter les mêmes conditions et fait l'objet de notre suivi. »
Ainsi, TalentTester et sa méthode controversée ont été validés et approuvés via ce partenariat. Il est surprenant qu'un centre reconnu collabore avec une telle entreprise. « Un centre fiable ne s'associe pas à des charlatans », a déclaré la députée flamande Ann Brusseel (Open Vld).
Le ministre affirme qu'« aucun argent des impôts ne va directement à TalentTester ». Pourtant, l'entreprise est rémunérée par ses partenaires centres de carrière, où les chèques sont utilisables. Le chèque carrière figure parmi les options de paiement sur le site de TalentTester. Cette distinction reste floue.
Pour l'article d'Eos, aucun chèque n'a été utilisé, évitant ainsi tout gaspillage public. TalentTester avait confirmé à l'avance : « Achetez vos chèques au VDAB, puis acquérez notre test en ligne et envoyez-nous votre bilan par e-mail. » Sans redirection vers un partenaire spécifique.
Plusieurs députés plaident pour des normes de qualité plus strictes pour les coachs carrière. Le ministre Muyters y est sensible, mais refuse de « s'accrocher aux diplômes ». « Qui définit les critères de qualité ? Retombons-nous dans le fétichisme des diplômes ? » s'interroge-t-il. Il reste ouvert à des propositions concrètes pour améliorer la qualité des services. Interdire les pratiques basées sur la phrénologie et la physiognomonie pourrait être un premier pas judicieux.