Si l'homme qui vous est cher présente des signes de consommation excessive d'alcool, voici comment identifier le problème et agir efficacement.
Au Canada, plus de la moitié des hommes consomment de l'alcool au moins une fois par semaine, et 15 % d'entre eux boivent plus de cinq verres standards par occasion, contre seulement 7 % des femmes. Cette habitude excède les directives canadiennes sur la consommation à faible risque : maximum 3 verres par jour et 15 par semaine pour les hommes ; 2 par jour et 10 par semaine pour les femmes. Ces excès menacent la santé mentale et physique.
Peter Ferentzy, sociologue et chercheur au Centre sur la dépendance et la santé mentale de Toronto, auteur de Dealing with an Addict et ancien alcoolique, identifie les signes clés : l'alcool interfère avec le travail, l'école ou les loisirs. Un autre indicateur est le besoin irrépressible de boire malgré le refus initial, accompagné d'un changement d'humeur ou de personnalité après quelques verres.
Les conséquences d'une consommation excessive
L'alcoolisme ravage les relations familiales et amicales. Une étude sur 20 000 couples norvégiens montre que le taux de divorce double lorsque seul le mari boit excessivement, et est encore plus élevé si seule la femme est concernée. Selon le Dr Peter Butt, professeur agrégé en médecine familiale à l'Université de Saskatchewan, les impacts incluent harcèlement, absentisme parental, gêne, honte et pertes financières. Les enfants de ces familles risquent eux aussi de développer une dépendance.
L'Organisation mondiale de la santé classe l'alcool parmi les premières causes de maladies mondiales. Les gros buveurs chroniques s'exposent à une cirrhose hépatique mortelle. Chez les hommes, une surproduction d'œstrogènes et une baisse de testostérone entraînent dysfonction érectile persistante, atrophie testiculaire et réduction de la production de sperme. Des études de 2012 et 2013 lient l'excès à des troubles cognitifs, risques cardiaques accrus et anomalies congénitales chez la progéniture.
Obtenir du soutien
Si vous soupçonnez un problème, cherchez de l'aide via counseling ou groupes comme Al-Anon. Ces ressources aident à développer des stratégies d'adaptation, en acceptant que vous ne pouvez forcer le changement. « Les gens changent quand ils sont prêts », souligne Peter Ferentzy. Cessez de le protéger : ne l'excusez plus, affrontez-le aux conséquences, protégez son emploi et empêchez la conduite en état d'ébriété.
Pour aborder le sujet, insistez sur les pertes potentielles et les aspects positifs de sa vie, comme l'a fait Ferentzy, sauvé par l'amour des siens et sa volonté. Même en réduisant ou arrêtant, un travail profond sur les motivations et les réparations reste nécessaire.
Si la situation empire ou met en danger, envisagez de rompre. « La bonne nouvelle : beaucoup s'en sortent grandis », note Ferentzy. Une étude américaine indique qu'un tiers des alcooliques s'en remettent, mais pas toujours au moment souhaité.
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