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Adieu à la poignée de main : une opportunité inattendue en temps de crise sanitaire

La poignée de main révèle beaucoup sur notre interlocuteur. Pourtant, sa disparition temporaire n'est peut-être pas une mauvaise nouvelle, estime Liesbeth Gijsel, rédactrice en chef de Psyche & Brain.

Nous devons adopter une « nouvelle normalité », entend-on partout. Une société plus individualiste, où nous maintenons une distance d'un mètre cinquante, portons des masques, renonçons aux événements et aux grandes fêtes familiales. Sans poignées de main, câlins ni bises pour nous saluer.

Pourquoi cette coutume ancestrale ? Elle remontait autrefois à une démonstration de paix, sans arme à la main. Avec un inconnu, elle transmet une première impression non verbale : prise ferme ou molle ? Durée du contact ? Qui initie ? Ces signaux sont riches d'informations.

Cette pratique a un aspect animal : comparable au reniflement des chiens. Lors d'un baiser ou d'une étreinte, nous percevons l'odeur corporelle. De même pour la poignée de main : des études montrent que nous portons inconsciemment la main au nez quelques secondes après. Un avertissement clair en époque de coronavirus. (À noter : le check poing est plus hygiénique qu'une poignée, et même un baiser sur la joue l'est davantage.)

Il y a quelque chose d'animal dans ces salutations

Pourquoi reniflons-nous l'odeur d'autrui ? Elle fournit des indices inconscients : peur, maladie ou santé. Des tests olfactifs en développement détectent cancer ou Parkinson. On perçoit la fertilité ou la compatibilité génétique, comme le confirment les études sur les préférences olfactives.

Ces signaux proviennent des zones génitales, d'où le flairage canin des derrières. Une version civilisée ? La poignée de main.

Des recherches montrent que nous portons inconsciemment la main au nez après une poignée

Mais civilisée ? Nos mains touchent tout, des toilettes aux zones intimes. Se laver les mains ? Des études britanniques révélaient des traces fécales chez un quart de la population – un taux sans doute en baisse avec la crise sanitaire. Réviser cette habitude n'est pas futile.

Quelle sera la nouvelle forme civilisée de « reniflage » social ?


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